14.06.2008

Pedigree de Modiano par Edouard Baer

8844.jpgIl règnait une ambiance de kermesse de fin d'année dans la salle du théâtre de l'Atelier où j'étais venue assister à la lecture du livre de Modiano par Edouard Baer. Un public un peu people, un peu bobo, très bavard, excité et joyeux. Qui changeait de place, se saluait, s'apostrophait, parlait fort... Vivant très vivant. Ma voisine rêvait à voix haute d'un verre d'eau, elle avait tant soif ah...Se levant d'un bond son compagnon se précipita sur l'ouvreur qui essayait de caser des retardataires sur des strapontins, et, la voix pressante expliqua sa requête. Le jeune homme et compagnon disparurent, ma voisine jubilait mais affichait un air gêné, on nous demandait de ne pas prendre de photos et d'éteindre nos portables, et ouf compagnon revint juste à temps brandissant bien haut un gobelet transparent rempli d'eau magique. Sourire de la voisine à son héros victorieux.

Les lumières s'éteignirent, le silence se fit, Edouard Baer fit son apparition sur la scène. Pas de décor, juste une table, une lampe, et une chaise. On ne peut pas plus sobre. J'ai lu et beaucoup apprécié ce livre de Patrick Modiano, et étais curieuse d'entendre et de voir le comédien.

C'était très bien, subtil, Edouard Baer est ému et émouvant, il devient Patrick Modiano avec un naturel formidable,. Il ne lit pas le texte qu'il connaît par coeur. Ce n'est pourtant pas facile de "faire du théâtre" avec un livre qui se veut le "pedigree", d'un être humain, une présentation presque clinique... Et pourtant l'émotion est là, simple, à la fois légère et profonde. Il y avait bien l'inévitable spectatrice qui s'était un peu trompée de spectacle, et qui s'imaginait qu'Edouard Baer allait exécuter une poilade, une série de sketchs... Et dont le rire aigü et ridicule gênait la représentation, mais elle était là, tant pis on a fait avec.

Si vous avez envie d'y aller c'est au Théâtre de l'Atelier, Place Charles Dullin à Paris 18ème, métro Anvers ou Pigalle, et c'est à 19 h 30 ce qui me convient parfaitement bien.

Sinon, je crois que Pedigree de Modiano est paru en poche chez Folio.

11.03.2008

L'Ecole des Femmes à l'Odéon

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Nous venons de voir l'Ecole des Femmes au Théâtre de l'Odéon guidés par nos bons souvenirs de la mise en scène de Jean-Pierre Vincent des Fourberies de Scapin avec déjà Daniel Auteuil, en 1990 à Nanterre. Pfff, 1990 quand même...

J'ai aimé retrouver ce théâtre fermé pendant de longs mois de travaux. En attendant l'arrivée de Corbillo, je regardais la place depuis le bar au premier étage. Installée à petite table devant la fenêtre, un point de vue formidablement parisien, un régal. Les gens arrivaient seul, en couple, avec des enfants, en groupe, déjà heureux de leur soirée. Ils se retrouvaient en agitant les bras, ou l'oreille rivée à leur portable se cherchant des yeux.   

Je ne me souviens pas d'avoir étudié L'Ecole des Femmes en classe, c'était donc presqu'une découverte. La découverte a surtout été celle de Lynn Thibault dans le rôle d'Agnès que ce macho d'Arnolphe s'est réservé pour future épouse. Lynn Thibault jeune comédienne est formidable, une voix singulière, un jeu très subtil et percutant, étonnante cette jeune femme. Rien que pour elle, je crois qu'il faut aller à l'Odéon ! Oui vraiment.

 270063802.jpgNous avons été un peu déçus en revanche par le jeu de Daniel Auteuil, je n'imaginais pas Arnolphe ainsi. Plus austère, plus froid... J'ai été gênée par sa quête de connivence auprès du public. En décalage avec le jeu des autres comédiens. Le public en question adhérait à ce jeu, riait beaucoup. Nous étions entourés de jeunes, mais aussi de moins jeunes, français et beaucoup d'étrangers, une bonne salle attentive et joyeuse. A l'entracte, je me suis aperçue avec étonnement de la présence près de nous d'un chanteur de variétés françaises, celui qui aime faire la fête avec Suzette. Tiens pourquoi pas. 

Les décors bien que mobiles ne sont pas formidables, je n'ai pas l'impression qu'ils facilitent la vie des comédiens.

Nous avons passé une bonne soirée, et avons goûté les mots de Molière avec délice. Et Lynn Thibault, franchement, je le répète, elle vaut le déplacement !

Nous sommes repartis en nous baladant en scooter dans la nuit parisienne, quelle chouette ville, quelle belle soirée !

 

http://www.theatre-odeon.fr/fr/la_saison/les_spectacles_2...

 

29.01.2008

Les Forains au Théâtre La Bruyère

da69f4b0e6e1c726b5586e48bebc9f4b.gifBonne nouvelle, la pièce de Stephan Wojtowicz Les Forains se joue au Théâtre La Bruyère. Nous l'avions vue en octobre dernier dans notre chez nous au Théâtre 13. Et comme nous avions beaucoup aimé, nous avons décidé d'y retourner. Wojtowicz et ses acteurs nous avaient déjà offert en 2006 une comédie très réussie, La Sainte Catherine récompensée aux Molières...

Les Forains n'est pas une pièce pour les Bisounours, ou pour Pimprenelle et Nicolas. C'est du rude et du costaud, mais aussi du rigolo. D'un train arrêté en rase campagne descend un soir Hélène, une jeune femme fantasque qui fuit son mari. Puis un homme, Olivier, curieux bien propre sur lui, qui oublie de remonter à temps. Car le train repart, et voilà nos deux citadins, bien intégrés dans la société, bien éduqués et tout, et tout, qui découvrent le monde de nos amis forains installés en haut de la voie ferrée, à côté du dépôt d'ordures... à plusieurs kilomètres de la ville.

Pour un choc des cultures, cela va être un choc c'est sûr ! Le trio de forains, Eddie homme coléreux et bien barge, son épouse Jackie grande gueule, et Nono le frère alcoolo, va continuer sa petite vie sous les yeux incrédules d'Hélène et Olivier qui ne pensent qu'à se sortir de cette galère ! Ah j'oubliais de vous parler du chien d'Eddie et de Jacky qui hurle de temps à autre, pour compléter le tableau !

Ne vous sauvez pas ! La pièce est très drôle, féroce, pas du tout politiquement correcte, et cela fait grand bien. Cette pièce bien écrite pourrait être désespérante mais elle ne l'est pas, grâce au talent, à l'humour, et l'humanité de l'auteur ; mais aussi grâce à la vivacité de la mise en scène, et à l'interprétation très juste et forte des comédiens.

Nos deux citadins et leur bonne conscience voudraient tant aider les forains, mais ces derniers sont tellement largués, et en même temps bien plus roublards qu'ils ne le pensaient. Oui, on pense au film d'Ettore Scola, "Affreux, Sales et méchants"...  Oui, on pense aussi à l'émission belge Strip-Tease, c'est vrai. On frissonne, on est ému, mais on rit beaucoup aussi ! Et en même temps, on se dit que parfois on est capable d'être aussi bête et condescendant qu'Hélène et Olivier...

La mise en scène de Panchika Velez est très réussie, les comédiens vraiment formidables : Maxime Leroux, Nathalie Cerda, Didier Brice sont des forains magnifiques et déjantés ! Aliénor Marcadé-Séchan est convaincante en Hélène la nunuche, et Mathieu Rozé campe un Olivier plus vrai que nature !

Voici un extrait :

http://www.dailymotion.com/video/x2z1wi_les-forains_creat...

 

 

18.11.2007

Terrien de Yannick Jaulin à Chaillot.

5069f80bbbdc9a5b17a439f1cde0c6c8.jpgConnaissez-vous Yannick Jaulin ? C'est un conteur moderne, un conteur de grand talent. Vous avez certainement entendu parler, ou vu des reportages sur ce village des Deux-Sèvres, Pougne-Hérisson, le Nombril du Monde ? Vous savez que tous les ans, grâce à Yannick Jaulin et au maire du village s'y tient la Fête du Sacré Nombril le 15 août ?

Yannick Jaulin nous dit sa biographie "est à la fois conteur, comédien, auteur, philisophe et humoriste... Il n'a qu'une obsession dans son parcours artistique : replacer les grands mythes au coeur de notre monde en parlant du quotidien".

C'est cela, il nous parle du quotidien, celui qu'il a vécu enfant au coeur de la ferme de ses parents en Vendée. Mais aussi du quotidien universel, celui de tout le monde, la difficulté de trouver sa place, d'aimer, de partager... Il utilise les histoires du monde rural, les contes, et nous brode des spectacles où nous retrouvons l'émotion, l'authenticité, et nous sommes charmés et touchés ! Et s'il porte un regard moqueur sur nos faiblesses et nos habitudes, il n'est jamais méchant, jamais cruel, c'est un tendre Yannick Jaulin !

 

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Nous sommes allés Corbillo et moi, hier soir assister à son dernier spectacle, Terrien au Théâtre national de Chaillot. Quelle belle et grande soirée nous a été offerte !

Nous avions vu Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit, (en 2002 ?) au Théâtre de la Villette, avec notre fille Corbelle, et nous avions été enchantés par le bonhomme, par ses histoires, son humour. Corbelle la parisienne avait bien sûr été déroutée par l'utilisation de certains mots en patois vendéen, mais cela ne l'avait pas empêchée d'apprécier et de rire ! C'est que Yannick Jaulin a pour langue maternelle le patois de ses parents et grands-parents ! Mais rassurez-vous, il maîtrise à la perfection notre belle langue française !

Donc hier soir, nous avons vu Terrien. C'est un spectacle inhabituel, il ne s'agit pas seulement de récits basés sur les contes du Poitou, mais aussi sur la mythologie. Nous sommes parvenus sans mal à rentrer dans ce nouvel univers.

Yannick Jaulin se sert de la vidéo, de la musique pour se raconter. Terrien c'est lui, il est parvenu à se retrouver après avoir erré, s'être trompé, rejeté ceux qu'il aimait, son monde... C'est l'histoire d'un aveuglement, suivie de sa réconciliation avec lui-même, avec la vie. Nous avons été très émus, surtout Corbillo qui a bien connu lui aussi la Vendée "obscure" des années 60 qu'évoque notre conteur.  

Yannick Jaulin nous a fait penser à Philippe Caubère autre conteur d'aujourd'hui. Cette quête, cette recherche initiatique d'une nouvelle famille... Et surtout leur commune sincérité et générosité sur scène, leur absence d'inhibition, leur délire ! Oui ils se ressemblent ces deux-là !

Nous avons bien fait de nous secouer et d'affronter la ciculation ! Yannick Jaulin est à Chaillot jusqu'au 21 décembre.

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Il y a des vidéos de spectacles ou de reportages sur Yannick Jaulin sur DailyMotion, n'hésitez pas à aller vous régaler !

http://www.dailymotion.com/video/x1wyis_la-bete-azire

http://www.dailymotion.com/video/xoibz_le-blues_events

http://www.dailymotion.com/related/1143503/video/x1w1od_r...

 

Le 3 décembre : un très bon portrait de Yannick Jaulin dans Libération du 27 novembre :

http://www.liberation.fr/transversales/portraits/293698.F...

 

03.11.2007

Les Chaussettes Opus 124 avec Gérard Desarthe et Michel Galabru

cc8eb5c4c8ecf58b87a10627f890df73.jpgJe l'aime bien Galabru, il m'avait beaucoup émue dans le film Le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier, ainsi que dans L'Eté meurtrier de Jean Becker, quel grand comédien. Bon évidemment, il y a toutes les autres poilades alimentaires qui jalonnent sa carrière, mais moi je l'aime bien ce bonhomme. Fin septembre, je l'ai écouté un samedi matin sur France-Inter dans Eklectik, parlant avec Rebecca Manzoni de la pièce qu'il jouait avec Gérard Desarthe au Théâtre des Mathurins. Gérard Desarthe ? Quoi Gérard Desarthe et Michel Galabru ? Ah ça alors !

Parce que Gérard Desarthe, lui aussi je l'aime bien. Un grand comédien. Je l'ai vu jouer Hamlet dans la mise en scène de Patrick Chéreau à Nanterre, et je vous assure je ne me suis même pas aperçue que quatre heures s'étaient écoulées à la fin de la représentation. Ah du talent il en a Gérard Desarthe, c'est vraiment un grand. Oui mais sans doute pas un déconneur comme Galabru. Ouloulou, le mélange Desarthe/Galabru, j'avais vraiment du mal à l'imaginer. J'ai proposé à Corbillo d'aller les voir tous les deux, et youp la boum, nous avons fait nos résas pour un vendredi soir d'octobre. Lorsque j'en ai parlé à mes amies ensuite, Rosa et Delph ont décidé de venir, ce qui était fort sympathique.

Nous étions donc tous les quatre, très contents de nous retrouver. Rosa arrivée la première avait pris les billets, et nous glissa, Sont pas jeunes, jeunes nos copains de soirée dites-donc. Effectivement, ce soir-là, pas mal de personnes âgées s'étaient déplacées. Bon, je n'ai rien contre les papy et les mammy qui sortent au contraire. Et puis c'est vrai, Galabru a plus de 80 ans, alors ses potes ont envie de le voir, et tant mieux.

Juste avant que les lumières s'éteignent, l'ouvreuse vint nous dire gentiment : il y a de la place au premier rang, si vous voulez allez-y vite. Pourquoi pas, nous étions sur le côté et pas ensemble, là quatre fauteuils côte à côte s'offraient, nous y sommes allés. Et le rideau s'est ouvert.

Dès le début, les fans de Galabru se sont déchaînés, applaudissant et riant sans raison valable, commentant à voix haute, se répondant... Ma Rosa assise à côté de moi, a commencé à s'agiter, et moi à m'inquiéter. Galabru et Desarthe sont seuls en scène, et jouent deux grands comédiens sur le déclin qui décident de monter tous les deux un spectacle pour le proposer à un producteur. Nous assistons aux répétitions et surtout à leur face-à-face. Ils ne se connaissaient pas vraiment avant, l'un est plutôt un comédien qui vient du théâtre d'auteur, l'autre du théâtre dit privé... La confrontation est houleuse, leurs univers sont si différents en apparence qu'ils n'arrivent pas à se comprendre, ni à se respecter... Mais je vous rassure ils finiront par nouer des liens plus amicaux, et par franchir cette barrière de bêtise et d'intolérance qui les sépare.

60e9ef063ae6f6aed9b29679209a35b2.jpgMais nous, entre-temps, nous avons terriblement souffert ! Cela me chagrine. Pour les comédiens d'abord, parce qu'une salle aussi merdique j'en ai rarement connu, et heureusement. J'étais gênée pour Desarthe et Galabru en entendant les rires et réflexions de la salle. Et zut, au premier rang, impossible de partir ou de roupiller ! Je ne suis même pas capable objectivement de vous dire si la pièce de Daniel Colas est bonne ou pas. Parce que je sentais en moi des pulsions meurtrières envers ma voisine de droite, une vieille dame qui farfouillait dans son sac, trouvait enfin le bonbon qu'elle cherchait. Et ensuite prenait au moins 3 minutes pour défaire le papier, tout en continuant à rire comme une jument et à parler à son mari ! Les autres voisins s'énervaient aussi, et piaffaient. Je lui ai tapé sur le bras et dit d'arrêter, elle m'a souri en me disant Oui c'est bien ! J'ai cru que j'allais l'étrangler. Et pendant ce temps-là, im-per-tur-ba-bles, nos deux comédiens continuaient à jouer.... Une dame du deuxième rang a crié dans l'oreille de ma voisine : stop avec le papier ! Et elle a enfin compris !

Nous avons enfin applaudi, c'était la fin, je me sentais comme une pile électrique, et triste en même temps. Bon j'ai vu Galabru, et Desarthe, cela m'a fait plaisir quand même, mais bon sang quel dommage.

 

 

23.10.2007

La Vie devant soi avec Myriam Boyer

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Tout le monde (ou presque !) connaît le film de Moshé Mizrahi La Vie devant soi tiré du roman de Romain Gary, avec l'inoubliable Madame Rosa jouée par Simone Signoret en 1978.

Myriam Boyer, une comédienne que j'apprécie beaucoup, a eu l'audace de reprendre le rôle au théâtre grâce à l'adaptation de Xavier Jaillard, et la mise en scène de Didier Long.

J'avoue que nous étions un peu inquiètes mes amies et moi lorsque nous sommes allées assister à la réprésentation ; moi j'avais carrément peur pour Myriam Boyer, assister à un naufrage théâtral, si en plus on éprouve un brin d'affection pour les comédiens, eh bien c'est épouvantable et douloureux. Lorsque l'ouvreuse nous a placées aux deuxième rang, j'ai commencé à avoir le ventre serré d'inquiétude...

Je vous rassure tout de suite : la pièce qui dure presque deux heures est réussie. Oui ! De grands moments d'émotion, de rire aussi, et une interprétation magistrale, magnifique, grandiose de tous les comédiens : Myriam Boyer est une Madame Rosa émouvante, solide et fragile à la fois, Aymen Saidi un Momo spontané, touchant, sensible. Xavier Jaillard est un Docteur Katz fin et très présent. N'oublions pas Magid Bouali qui incarne le père complètement secoué de Momo...

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Nous accompagnons Momo vers l'âge adulte tout en assistant à la déchéance puis la mort de Madame Rosa, la vieille prostituée juive qui a élevé les enfants de ses collègues, et recueilli Momo à l'âge de 11 ans. La mise en scène de Didier Long réussit à nous entraîner dans cette histoire de vie, de tolérance, de respect, sans tomber dans le gnan-gnan. J'ai cependant regretté certaines longueurs qui ralentissent l'action, mais je vous le dis j'ai aimé cette pièce. Et Myriam Boyer, si vous ne l'avez jamais vue sur scène, si vous n'avez jamais vu une comédienne oser se donner ainsi et oublier son image, franchement allez-y ! Mais vous êtes prévenus : vous allez être bouleversés !

 

 

27.09.2007

Théâtre, le retour !

Changement de programme ! Oublier le travail et les soucis, repenser au théâtre !

La Saison Théâtre a largement démarré, et je risque de la rater complètement si je continue à me laisser vampiriser par nos boulots.

Heureusement les copines théâtreuses sont là, et battent le rappel ! Hou, hou,  Fauvette, c'est le moment de réserver pour... On a des places pour... Veux-tu venir ? Voui, voui, je viens, je vous rejoins ! Et hop, la ronde des mails a repris, je me remets dans le bain ! Et dès ce soir, d'abord. Et toc !

Nous allons aller voir : "En Tout Confiance" à la Comédie des Champs-Elysées.

COMÉDIE DRAMATIQUE de Donald Margulies, mise en scène de Michel Fagadau, costumes de Florica Malureanu, avec Barbara Schulz, Élodie Navarre, Jean-Pierre Malo et Jean-Pierre Lorit.

"Jonathan est devenu un peintre célèbre, une star de la peinture, dont on s’arrache les tableaux "en toute confiance". A l’occasion d’une rétrospective de ses œuvres, dans une galerie chic de Londres, il est à la recherche de la "muse" de son premier tableau, qui a plus ou moins décidé de sa carrière, et dont il était tombé amoureux. Il la retrouve près de Londres et ces retrouvailles remettent en question son regard sur son art, sur sa vie, sur ses origines. Dans cette comédie pleine d’humour, Donald Margulies reprend ses thèmes favoris: la rançon du succès, le problème de l’identité de l’individu dans cette société mercantile et régie par le paraître, ainsi qu’un plaidoyer pour la tolérance d’une ethnie à l’autre." Michel Fagadau
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Est-ce que c'est bien ? Aucune idée. Je n'ai rien suivi, si, j'ai suivi le choix de mes amies, nous allons nous retrouver, je suis toute contente, je sens que cette soirée va nous faire du bien !
Après j'aimerais bien aller voir la pièce dont parle Le Monde de ce soir : "Les Riches reprennent confiance" de Louis-Charles Sirjack au Théâtre de Poche. Rien que le titre me fait jubiler! Et puis tiens, j'ai envie d'aller voir la suite "Des Trois Jeanne", même si ce n'est sans doute pas du comique fin et léger... Une pièce de filles, enfin une pièce mixte allez... Ne chipotons pas.
Samedi 29 septembre :
J'ai été séduite par cette pièce, l'écriture, la mise en scène et l'interprétation. La rencontre de Jonathan peintre américain adulé avec son premier amour Pattie n'est pas celle qu'il espérait. Un peu bousculé, chahuté dans ses certitudes, son succès mondial, loin de sa terre natale, il est obligé de se souvenir, d'expliquer, de regarder la vie des autres... C'est passionnant mais peut-être un peu long.

02.07.2007

Marina Hands dans le Partage de Midi de Claudel

c5a13ce55c3b4a6e07bd629ce74abda8.jpgC'est vrai c'est Marina Hands qui m'a attirée à la Comédie Française cette semaine, plus que Claudel qui m'effraie (me barbe ?) un peu. J'ai apprécié Marina Hands au cinéma dans Les Invasions barbares, mais aussi dans Ne le dis à personne, et très récemment je l'ai trouvée formidablement émouvante dans l'Amant de Lady Chatterley sur Arte.(Lire le beau billet de Valclair sur ce film, ici). Marina Hands est une comédienne lumineuse, sensible, naturelle, pleine d'énergie, et ce qui ne gâte rien c'est une beauté ! Je me souviens aussi d'avoir été émue par sa présence lorsque nous étions allés voir Phèdre mise en scène de Chéreau à l'Odéon.

J'ai donc retrouvé mes amies Rosa et Tourniquette avant le spectacle dans une brasserie Place Colette. Presque tous les clients (sauf quelques touristes venus pour les Colonnes de Buren) grignotaient salades ou autres bricoles avant le spectacle. On sentait une excitation très contenue, j'aime bien l'ambiance pré-spectacle, il s'est mis à pleuvoir brutalement, nous étions bien là, à l'abri dans le brouhaha.

J'avais tenté de lire Le Partage de Midi quelques jours avant, mais le mots ne passaient pas, je ne visualisais pas, je n'entendais pas la pièce. Pourtant j'avais confiance, Rosa avait déjà vu Le Partage en 1991 jouée par Didier Sandre, Nicole Garcia et François Berléand, et en avait un souvenir fort.

Je ne me lasserai jamais du grand plaisir de rentrer dans le hall d'un théâtre, de tendre mon billet et de suivre l'ouvreuse qui nous installe... D'observer les gens qui arrivent, de me laisser doucement envahir par le son des voix... Et à la Comédie Française, je suis toujours émue, tellement contente d'être là !

Dès le début du Partage, je me suis sentie transportée, emportée par l'énergie des comédiens. Trois hommes, une femme et n'oublions pas Dieu (comme l'écrivait Jean-Louis Barrault je crois). La pièce a été écrite en 1906, Ysé et son mari De Ciz rencontrent Amalric et Mesa sur un bateau lors de leur voyage vers la Chine. L'amour, bien sûr mais aussi la foi, la quête de l'absolu, la lutte contre "l'appel de la chair", l'adultère, la culpabilité, la solitude sont des thèmes sur lesquels est bâtie la pièce. L'écriture de Claudel que je trouvais difficile à la lecture, devint fluide et puissante grâce aux acteurs et à leur talent. Heureusement d'ailleurs car 2 h 15 sans entracte cela aurait été douloureux !

 

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07.06.2007

Jean-Pierre Marielle dans Les Mots et la Chose

4c802ea76a7a0a43742023289ef2a0c4.jpgd16c5acd1236956991dab2a8efee8d9b.jpgJe me suis encore fait plaisir, je suis allée direct du bureau au théâtre. A 19 heures j'étais au Théâtre de l'Oeuvre pour écouter le magnifique Jean-Pierre Marielle et son épouse Agathe Natanson jouer "Les Mots et la Chose" de Jean-Claude Carrère.

Avant même le début de la représentation, des ondes de bonheur se propageaient dans les rangs ! Des couples s'installaient, des jeunes amoureux ou des plus vieux, des gens plus âgés tout contents d'être là, et puis des solitaires de tous les âges comme moi, se régalant de l'atmosphère souriante.

L'histoire est simple, un linguiste, vieil érudit est sollicité par une femme qui se désole de la pauvreté du vocabulaire utilisé dans les films pornos qu'elle est chargée de doubler. Ils entament une correspondance, et nous voilà dans la pièce !

Et cela fonctionne à merveille, sans vulgarité ! Jean-Pierre Marielle prononce les mots les plus fréquents, pour désigner le sexe et l'acte sexuel, mais il y ajoute ceux de Rabelais, mais aussi le vocabulaire des artisans, des loulous de banlieue d'aujourd'hui, des précieux, des grossiers, et n'oublie pas l'argot, la poésie, et la gastronomie !

L'échange est par moment étoudissant, Agathe Natanson, très fine, lui répond et commente. Je me disais, Oh ça il va falloir que je m'en souvienne ! Je devrais prendre des notes ! Bah évidemment, j'ai déjà oublié !

Le public rit, sourit, mais ne semble pas choqué par les mots les plus osés. Il faut dire qu'ils partagent tous les deux le talent et la subtilité, c'est une vraie prouesse ! Chapeau les Artistes !

Le spectacle passe très vite, un tourbillon de mots sur l'art de l'amour et du sexe, un hommage à l'amour et cela rend heureux et euphorique. De plus un violoncelliste talentueux les accompagne sur scène, quel bonne idée !

Je n'ai pas osé les prendre en photo, j'étais trop prêt et ne voulais pas rompre l'enchantement de ce moment magique.

En revanche, j'ai acheté le programme le confondant un peu bêtement avec le texte de la pièce, mais non à part les photos des artistes, et du directeur du théâtre et autres niaiseries, il est vide. Tant pis. J'espère trouver le texte de Jean-Claude Carrère en poche ou sur e-Bay...

J'aime bien les spectacles qui commencent tôt, on dispose ainsi de sa soirée, ce qui est chouette. Sauf quand on retrouve sa cuisine inondée en rentrant, et qu'il faut éponger, éponger... Corbillo m'ayant rejointe nous avons pu enfin songer à grignoter une bricole. Et demain, il faudra bien résoudre le problème du joint du robinet situé bien au fond sous le placard de l'évier,

Le piment et l'érotisme de mon existence parfois me laissent rêveuse ! Ya de quoi hein !

 

Pour info :  www.tatouvu.com et billetreduc.com et n'oubliez pas le Kisoque Théâtre situé à coté de l'Eglise de La Madeleine, les places sont vendues à - 50 %. Les Mots et la Chose se joue jusqu'au 15 juillet. (Je crois qu'ils ont effectué une tournée à travers la France, avant de venir nous voir à Paris).

 

 

18.05.2007

Lettres intimes lues par Lou Doillon

Hier, medium_doillon.jpgen sortant du travail, je suis allée écouter Lou Doillon lire des Lettres intimes extraites du recueil d'Anne-Marie Springer (Edtions Textuel). Etonnante et surprenante Lou qui se glisse tout doucement dans le foyer du Théâtre de la Madeleine et explique gentiment ses choix.

Une voix agréable, aux intonations déroutantes, Lou Doillon nous entraîne dans l'intimité de Colette, Apollinaire, Edith Piaf, Céline, Maupassant... Je l'ai trouvée lumineuse, ardente, élégante. Et pourtant j'avais plutôt en tête l'image d'une jeune femme un peu "people", superficielle... ne correspondant pas à la lectrice sensible et intelligente qui nous regarde avec malice. Un critique l'a comparée à Delphine Seyrig, et c'est vrai on y pense lorsqu'on la voit, l'entend : la silhouette, la grâce et surtout la voix...

Lou Doillon maîtrise la représentation avec aisance, tout en choyant son public. Lorsqu'elle a lu une lettre très érotique d'Apollinaire à Lou, j'étais captivée, et bluffée par sa grâce. Espiègle elle nous explique même le sens de l'expression "se faire menotte", et fait confiance à notre imagination pour le reste. Une réelle connivence s'installe dans le Foyer du théâtre, et pourtant son choix de Lettres devient de plus en plus intime, Deux lettres d'amour d'Edith Piaf m'ont fait sourire : l'une affirme un total amour à Tony F. puis 25 jours plus tard, l'autre annonce brutalement la rupture !

J'ai essayé de trouver ces textes sur Internet, mais n'ai trouvé que la lettre de Maupassant où il parle de sa vérole, lettre  choquante selon Lou Doillon, elle a raison. Je nai pas envie de la publier ici ! Le livre doit être très intéressant mais hélas son prix me retient un peu (presque 50 euros !).

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EDIT DU 19 MAI : J'ai trouvé cette vidéo sur le site de Télérama, Lou Doillon lit une lettre de Colette, si vous êtes tentés c'est ici :

http://www.telerama.fr/scenes/B070424001946.html

 

 

 

 

 

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