03.07.2010
Laurent Terzieff, Au revoir
Une amie vient de m'informer du décès hier soir de Laurent Terzieff.
Cet homme élégant et talentueux nous a tellement donné... Cet homme nous a tellement émus tous et toutes...
Nous l'aimions. Nous aimions l'acteur, le comédien, l'homme.
Souvent, nous l'apercevions à la brasserie, juste avant le spectacle, il dînait, seul ou avec des amis, il était là, et c'était merveilleux.
Comment est-ce possible d'imaginer sa disparition ?
Au Revoir Monsieur Terzieff, vous allez tant nous manquer...
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20.06.2010
André Degaine et son théâtre
André Degaine m'a enchantée il y a quelques années avec son "Histoire du Théâtre dessinée" livre incroyable et fabuleux.
Spectateur passionné de théâtre depuis l'enfance, autodidacte, Jean Degaine "croquait" les pièces qu'il allait voir : scènes, comédiens, costumes, décors, tout... Il écrit des textes, fait des recherches. Retraité des PTT, il décide de partager et transmettre ses connaissances, et travaille pendant cinq ans pour réaliser ce projet fou : écrire l'histoire du théâtre. Livre refusé par les éditeurs car "non conforme"... Il "l'a "autoédité, et diffusé" à 300 exemplaires dans les librairies théâtrales : exemplaires tous vendus en un mois et demi ! L'éditeur Nizet lui a alors proposé un contrat ! (L'édition que nous avons est de 1993).
J'ai éprouvé un réel chagrin en apprenant le décès d'André Degaine dans 84ème année, fin mai. Un homme si humble et précieux, et tellement éloigné des "lumières" clignotantes et vulgaires de l'air du temps.
Tiens, si vous avez envie de vous réchauffer le coeur et rire, allez voir "Les Femmes savantes" de Molière au Petit Théâtre de Paris. Jean-Laurent Cochet en Philaminte est tout simplement formidable ! (Et les autres comédiens aussi d'ailleurs). Vite, c'est jusqu'au 4 juillet.
13:59 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
09.02.2010
Les Garçons et Guillaume à table, de Guillaume Gallienne
Comme il est bien écrit le spectacle de Guillaume Gallienne, quel plaisir !
Je suis allée le voir au Théâtre de l'Athénée, et si je pouvais j'y retournerais !
Guillaume Gallienne, seul en scène, nous raconte avec talent, élégance et humour comment ils s'est extirpé d'une situation familiale impossible : depuis son enfance, sa famille l'a traité "autrement". Il était la fille que sa mère n'avait pas eue, son père en revanche voulait en faire un être viril. Et lui ne souhaitait qu'une chose : se conformer au désir de sa chère maman qu'il aime tant. Tout sa famille, ses frères, sa grand-mère, ses tantes, tout son entourage le dit différent. Il nous fait beaucoup rire Guillaume Gallienne lorsqu'il imite tout ce petit monde, une bonne famille bourgeoise pas piquée des hannetons. Tout est juste, pas vulgaire, très touchant sans mièvrerie.
Il aurait pu devenir fou Guillaume Gallienne, après de longues années il va finir par trouver qui il est vraiment, quelle lutte !
L'ambiance dans la salle était formidable, on sentait le respect des spectateurs et spectatrices envers ce comédien formidable, et la joie de partager ses souvenirs...
Chapeau Monsieur Gallienne ! Et merci.
13:42 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
08.01.2010
Le Mec de la tombe d'à côté, au théâtre
Je viens de lire ce livre de la suédoise Katarina Mazetti, l'histoire de Désirée, bibliothécaire citadine et pâlichonne et de Benny agriculteur presque quadra et toujours célibataire qui se rencontrent au cimetière. Et qui ne s'apprécient pas. Jusqu'au jour où... Désirée devient la Crevette de Benny, et Benny l'homme de Cro-Magnon de Désirée. Chaude, chaude, l'histoire d'amour est chaude, mais aussi difficile voire cruelle.
Chacun raconte leur histoire de son point de vue, et c'est touchant, drôle, troublant, subtil, juste...
Et ce soir, je retrouve mes copines au théâtre,
Nous allons voir la pièce adaptée du roman, et mise en scène par Panchika Velez.

Deux excellents comédiens vont nous faire le plaisir d'interprêter ce texte :
Anne Loiret la lumineuse, et Vincent Winterhalter. Il paraît qu'ils sont épatants de naturel. Je suis déjà conquise !
EDIT DU 10 JANVIER :
Nous avons bien fait d'affronter les rues glaciales de Paris vendredi dernier ! Quelle belle récompense !
L'adaptation est vraiment très bien réussie, la campagne suédoise est devenue normande, Désirée est Daphnée, et Benny est Jean. Les deux comédiens sont émouvants et drôles, si sensibles et fins.
J'espère qu'ils partiront en tournée dans quelque temps, car franchement c'était formidable !
18:47 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
21.12.2009
Albertine Sarrazin par Mona Heftre
Je me souviens de ma fébrilité émue lorsque j'ai lu l'Astragale d'Albertine Sarrazin durant mes années lycées. J'en étais étourdie, un vrai choc. Albertine s'est nichée dans un petit coin de mon coeur à jamais.
Début décembre, nous sommes allées mes amies et moi, voir la pièce de théâtre inspirée de la vie d'Albertine, jouée par Mona Heftre, mise en scène de Manon Savary au Théâtre des Déchargeurs.
Comment vous dire, la grâce, la présence et la force de Mona Heftre ? Comment l'écrire, je ne le sais pas. Ce soir-là, j'ai revécu des moments que je pensais oubliés, enfouis. J'avais envie de suspendre le temps, d'écouter, et écouter encore cette voix, de voir cette femme devenue Albertine, cette femme qui ose, défie, aime, souffre....
Vite, je me suis promis de revenir, je n'ai pas eu le temps, et les représentations viennent de s'achever samedi dernier. Quel dommage.
Je ne perds pas espoir, il va bien y avoir une salle qui va accueillir Mona Heftre, il va bien y avoir une tournée quand même ! Sinon, ce serait un tel gâchis !
"J'ai commencé à écrire bien avant la prison, toute gosse, pour cesser de mentir et plus tard, pour ne pas oublier..." Albertine Sarrazin.
19:15 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
12.10.2009
Deux comédiens exceptionnels
Seule sur scène, intense, juste, vibrante, émouvante... C'était Dominique Blanc incarnant "La Douleur" de Marguerite Duras hier dimanche au Théâtre de l'Atelier. En avril 1945, Marguerite Duras espérait le retour de son mari le résistant Robert Antelme, déporté politique en Allemagne. Etait-il toujours en vie ? Où était-il ? Elle ignorait tout. La Douleur relate ses doutes, ses déchirements, mais aussi l'attente de toutes les femmes, de toutes les familles qui attendaient, et n'en pouvaient plus d'attendre... Un quotidien insupportable, "Des nouvelles ?" demandent voisins et amis, sans même dire bonjour, "Non, rien".
Je ne raffole pas de Marguerite Duras, mais ce texte et surtout l'interprétation de la grande Dominique Blanc m'ont entraînée loin, bouleversée mais aussi fait beaucoup de bien. C'est beau, vraiment beau. Je crois que longtemps je vais penser à cet après-midi là, à ce texte, à toutes ces souffrances.
Robert Antelme a eu de la chance, il est revenu, très faible, malade du typhus. Je sentais sa présence, Dominique Blanc le portait jusqu'à nous, et je pensais Qu'il tienne, qu'il tienne... Le silence ému de la salle, la tension, c'était comment dire, magique ? Il a survécu grâce à la précieuse attention et l'amour de son entourage.
Tous les spectateurs se sont levés à la fin de la représentation, applaudissant avec sincérité et chaleur, Dominique Blanc a très simplement remercié, elle venait de nous offrir un moment exceptionnel de théâtre.
C'est terminé au Théâtre de l'Atelier à Paris, mais j'ai vu qu'une tournée en France allait démarrer, vous en avez de la chance ! Quant à moi, je crois que je vais lire le livre dans son intégralité.
Fin septembre, j'ai aussi vu un autre comédien exceptionnel, Laurent Terzieff dans Philoctète d'après Sophocle, au Théâtre de l'Odéon.

Laurent Terzieff y est formidable, seuls quelques critiques grincheux ont trouvé matière à chicaner... Moi je dis que c'est une de mes plus belles soirées théâtrales.
Philoctète va partir en tournée en France (Lyon d'abord je crois...), puis à l'étranger. Si vous avez la possibilité, surtout ne la ratez pas cette occasion d'écouter et de voir un Grand, un très Grand Monsieur, un très Grand comédien.
Cela fait tellement de bien de recevoir cette générosité des comédiens, cela adoucit l'âme. Si.
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21.09.2009
Vers toi terre promise de Jean-Claude Grumberg
J'avais hâte de retrouver une salle de théâtre, d'éprouver l'excitation de la file d'attente, de rencontrer mes copines pas vues depuis juin, hâte de m'installer dans un fauteuil, et de voir le rideau rouge se lever. Et de laisser les acteurs m'embarquer dans un tourbillon de mots.
Nous avions rendez-vous dans le square derrière le Théâtre Marigny, et assises sur un banc, sandwich à la main nous avons évoqué le bon temps révolu des vacances, ricané un brin, c'était bien, il faisait bon et doux.
Nous avions choisi une "tragédie dentaire", la pièce de Jean-Claude Grumberg "Vers toi terre promise" que nous avions ratée au Rond-Point au printemps dernier.
J'ai tout de suite aimé l'histoire de la famille juive Spodek, Charles le père dentiste, aidé par son épouse Clara. En 1942, ils ont été spoliés de leurs biens, et déportés. Leur fille Jeannette est morte, et leur seconde fille confiée à des religieuses catholiques a décidé après la guerre de devenir carmélite. Comment peut-on devenir orphelins de ses enfants ? Comment survivre ? Comment ?
Ne croyez surtout pas que nous la salle était effondrée, non au contraire c'est très, très drôle ! Client de Charles Spodek durant son enfance, Grumberg évoque avec talent l'histoire vraie de son dentiste, faisant intervenir un choeur comme dans les tragédies classiques.
Les quatre comédiens sont tous excellents et l'on sent qu'ils sont soudés dans un fort désir d'exprimer toute l'humanité, le désespoir, la tristesse, mais aussi les situations cocasses de la vie d'après des Spodek.
La pièce se joue jusqu'au 22 novembre au Théâtre Marigny, et franchement si vous devez en voir une, pour rire afin de ne pas pleurer, c'est bien celle-ci.
Sinon, vous pouvez lire le texte édité aux éditions Actes Sud-Papier.
00:18 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
18.06.2009
Confidences à Allah avec Alice Belaïdi au Petit Montparnasse
J'ai fini par y aller, applaudir la talentueuse Alice Belaïdi jouant l'histoire de la petite chevrière adaptée du livre de Saphia Azzeddine, déjà présentée au Festival Off d'Avignon en juillet 2008.
Et j'ai bien fait d'écouter les conseils d'une amie. J'avais peur de m'engluer dans une histoire de religion, et les inévitables clichés, mais non, mais non. J'ai découvert le roman mais surtout une belle comédienne ! Pendant une heure trente, seule en scène,elle est Jbara jeune fille ignorante et pauvre qui demande à Allah qu'il se passe enfin quelque chose ! Elle rêve, et espère une autre vie, mais sera forcée de se prostituer pour survivre, et connaîtra la prison...
Témoignage cru et bouleversant, mais aussi très drôle. Je vous assure j'ai été époustouflée par Alice Belaïdi, son naturel, sa fraîcheur, une comédienne formidable.
C'est à 19 heures au Théâtre du Petit-Monparnasse, jusqu'à la fin du mois de juin. Et je crois qu'elle part en tournée en province, mais aussi en Belgique...
Théâtre du Petit-Montparnasse
31 rue de la Gaîté
75014 Paris Tél: 01 43 22 77 74
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02.05.2009
Jules et Marcel, avec Philippe Caubère et Michel Galabru

J'aime aller écouter les Lectures de textes au théâtre. On pourrait penser qu'il s'agit d'un exercice facile, voire trop facile. Mais non, mais non, il faut un réel talent.
La correspondance échangée par Jules Raimu et Marcel Pagnol nous est offerte avec gourmandise au théâtre Hébertot à 19 heures. Galabru est bien sûr Raimu, et Caubère, Pagnol.
Retrouver Phlippe Caubère est toujours un grand, un immense plaisir, je suis fan depuis si longtemps, et l'association Caubère-Galabru m'intriguait !
Mon amie Viviane et moi n'avons pas été déçues, ainsi que le reste de la salle !
De 1929 à 1946, Pagnol et Raimu n'ont cessé de s'écrire et de se chamailler, nourrissant ainsi leur amitié. Raimu ronchonne, exige un rôle plus important, veut imposer un comédien, critique les choix de Pagnol... Ce dernier résiste, joue avec malice de son charme, ruse un peu... Quel régal !
"« Que Jules ne soit plus là, cela me fait de la peine. Non seulement parce que je l’aimais, mais parce que je n’arrêtais pas de me fâcher avec lui. Quand un sudiste se fâche avec un autre sudiste, c’est une preuve d’estime… ». Marcel Pagnol aux obsèques de Jules Raimu.
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18.03.2009
Journal à quatre mains de Benoîte et Flora Groult au théâtre
Quel plaisir de tomber sur un tel petit bijou : Le Journal à quatre mains des soeurs Groult adapté avec humour, vivacité et poésie pour le théâtre.
J'avais déjà apprécié le talent de mise en scène de Panchika Velez lors de la représentation des Forains de Stephan Wojtowicz, mais je pensais en me rendant au Théâtre de Poche qu'il fallait avoir du culot pour s'attaquer à ce livre, un journal intime... Pari largement réussi.
Benoîte la brune intello rude et maladroite, et Flora la blonde coquette et séduisante, tiennent leur journal de mai 1940 à la Libération. C'est la guerre mais leur vie de jeunes filles de très bonne famille (la rue Vaneau à Paris !) continue, leurs études, leur désir d'aimer et d'être aimées, leur avenir, les privations, les parents, Paris, l'Occupation, voici leur univers.
Deux comédiennes formidables portent la pièce avec bonheur : Lisa Schuster est Benoîte, et Aude Briant Flora. Elles sont épatantes, complices. Leur chambre sert de décor douillet à la pièce, mais nous devinons Paris occupé, les difficultés des Parisiens, mais aussi la joie délirante de la Libération.
C'est drôle, mais aussi poignant, c'est déjà féministe mais cela plaisait aux hommes présents hier dans la salle, en un mot c'est du bon théâtre ! Tiens, vous devriez déjà être en train de réserver !


JOURNAL A QUATRE MAINS DE FLORA ET BENOITE GROULT,
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