22.02.2008

Ils me manquent

Je ne les connais pas. Je sais qu'ils doivent exister. Quelque part. Je ne sais pas où. Je ne sais pas combien ils sont. Je ne sais pas s'ils savent que nous existons. Et s'ils pensent à nous, s'ils pensent à moi. Et pourtant.

Et pourtant ils me manquent. Presque physiquement. J'aimerais les connaître, les regarder, les écouter. Ils me manquent de plus en plus.

Je dois être un peu, beaucoup loufdingue. D'autant que je ne fréquente même pas la moitié de ma famille paternelle.

Et puis là,

Là, j'aimerais les trouver, les retrouver. Les enfants des cinq frères et soeurs de ma mère. De Greta. Rencontrer ces cousins et cousines.

Lorsque j'étais enfant, avoir une famille inconnue dans les Pays de l'Est, ou en Allemagne, ou même en Amérique me paraissait follement romantique. Ado, je me suis dit On verra plus tard. Et plus tard, j'ai continué ma vie. Toujours sans eux.

Aujourd'hui ils me manquent. Et je ne les connais même pas.

 

11.09.2007

Journée agitée en banlieue

Mon frère Félix et son épouse Teresa d'origine camerounaise vivent dans une petite ville tranquille de la banlieue sud de Paris avec leur jolie petite fille de quinze mois, Myrtille. Il m'a téléphoné la semaine dernière et m'a raconté ce qui leur est arrivé vendredi 31 août :

Voici l'histoire telle qu'elle m'a été racontée, je la publie avec leur accord :

"Teresa est employée en tant qu'auxiliaire de vie par une association. Fin juillet dernier, un chèque lui a été remis en paiement de son salaire comme d'habitude. Malheureusement, la banque par erreur avait envoyé à l'association un carnet de chèques destiné à une autre association. Un peu étourdi le président de l'association de Teresa a établi les chèques de salaires des employés avec ce chéquier !

Bien sûr la banque de Teresa a pensé qu'il s'agissait d'un chèque volé, et refusé le paiement. Pas de salaire de juillet pour Teresa... Courant août, mon frère Félix estimant que l'affaire trainait, passe à la banque, veut des explications et finit par avoir des mots désagréables avec un employé...

Le 31 août, Teresa munie de la lettre l'avisant de la disponibilité de sa carte bancaire, vient la retirer à sa banque. Elle se dispute avec l'employé car il refuse de la lui donner et reparle de chèques volés. Teresa s'énerve, elle a besoin de sa carte et de son argent. L'employé lui dit qu'il va téléphoner à son employeur pour vérifier, le ton monte de plus en plus.Teresa est de plus en plus énervée et furieuse, sa petite fille pleure et s'agite dans ses bras. On lui demande d'aller s'asseoir ou de quitter les lieux.

L'employé de la banque a menti, il n'a pas téléphoné à l'employeur mais à la police. Deux policiers arrivent, discutent avec l'employé, mais ne demandent pas d'explication à Teresa. Un des policiers se dirige vers Teresa en lui disant qu'elle "est sur le territoire français qu'elle doit le respecter", il lui met les doigts sur la gorge, elle étouffe, lâche Myrtille qui tombe sur le sol. Teresa panique, se défend et mord le policier à la main !

Menottée, elle est emmenée de force au commissariat avec sa fille. On lui promet un retour chez ses "frères africains"... Après avoir été interrogée, photographiée, fouillée, elle est mise en cellule toujours avec les menottes, avec Myrtille. Le commissariat finit par se décider à téléphoner à Félix qui travaille à Paris. On lui dit de venir récupérer sa fille "en dépôt" au commissariat, et on l'informe de l'altercation. Lorsqu'il arrive le policier mordu n'est plus là. Un de ses collègues explique calmement la situation à Félix, il récupère sa fille mais n'est pas autorisé à voir son épouse. Teresa sera libérée vers 18 heures 30 . Elle doit comparaître en octobre pour " avertissement et rappel à la loi".

Depuis Teresa a changé de banque, mais n'a pas récupéré son salaire de juillet.


Je n'ai effectué aucune vérification, il s'agit de la version de Félix et de Teresa, un témoignage d'une journée tranquille en banlieue...

Mais, plus j'y pense, plus je suis persuadée qu'il est urgent qu'ils consultent un avocat, avant la comparution de Teresa en octobre prochain.

EDIT DU 8 OCTOBRE 2007 :

Teresa et Félix ont été convoqués pour le rappel à la loi comme prévu. Bonne nouvelle tout s'est bien passé : pas de poursuites judiciaires, une écoute attentive, et même le conseil de faire appel à l'IGS s'ils le souhaitent, ainsi qu'à La Halde. Nous sommes tous soulagés. A eux de voir s'ils ont l'énergie d'aller plus loin.

26.07.2006

Famille nombreuse, famille...

8 enfants, nous êtions 8 enfants :  4 filles, 4 garçons. Voilà.

Petite, j'avais horreur du regard apitoyé que nous valait ce statut d'enfant de familles nombreuses. Nous n'êtions pas dans la norme de l'époque, c'est sûr, mais les familles de 4 ou 5 n'étaient pas rares non plus.

Longtemps les réflexions que j'entendais m'ont fait bouillir, mais bien souvent je me suis sentie humiliée, salie par les paroles vulgaires, méchantes dont certaines âmes ne se privaient pas. Entendre "tu en as vu un, tu les tous vus, tellement ils se ressemblent..." c'était sans doute drôlissime, mais moi la pointe d'humour répétitive m'échappait. Fauvette grognonne, Fauvette qui en a marre, Fauvette a sans doute mauvais caractère...

J'avais même fini par ne plus dire à l'école : j'ai un nouveau petit frère, ou une nouvelle petite soeur, car le hochement de tête réprobateur des religieuses m'avait peinée. Quoi, ce n'était pas Notre Seigneur Dieu tout puissant qui nous en avait fait cadeau, lui là haut ? Celui que nous allions prier 2 fois par jour à la chapelle ? Quoi notre bébé faisait soupirer tout le monde ? il n'est pas aussi bien que celui des C. ? Là, ma vocation mystique en avait pris un sacré coup. Plus trop envie de croire les grands moi, et surtout pas certains.

Mes frères narquois, s'amusaient comme des fous à jouer de leur ressemblance pour faire des tours pendables, et défier ce beau monde. Ils fréquentaient l'école publique, et n'était pas abreuvés de reproches hypocrites sur leur famille, et ses prétendus péchés.

Avec l'âge j'ai appris à me défaire de ce regard tragique et hostile sur la famille en général, et sur la mienne en particulier. Mais pendant des années j'ai évité le sujet, je me suis défilée... Fauvette se la jouant évasive... N'étant pas une grande bavarde, cela m'a été facile d'éluder... Les gens adoooraient me parler d'eux, j'écoutais si bien. Et puis j'avais d'autres objectifs personnels, entreprendre des études, m'en sortir... Et surtout, surtout, prendre mes distances physiquement, être ailleurs et anonyme. Mission lâchement accomplie.

 

Aujourd'hui, je suis toujours surprise de la réaction démesurée des gens ; je vous évite les pro-machins et autres intégristes qui font de la procréation un acte politique. Mais j'avoue que je suis mal à l'aise devant la réaction extatique de certains qui me questionnent sur le nombre de mes frères et soeurs : Ah mais cela devait être merveilleux ! Quelle chance ! Et je vois dans leurs yeux défiler les images de tablées heureuses, comme dans les reportages TV... Images, images...

Bon dites-moi, pourquoi une famille nombreuse doit-elle être plus merveilleuse qu'une autre ? Moi je ne vois pas du tout.

1, 2, 3, 4... ou 10 enfants pourquoi pas, mais est le chiffre qui compte ? Où réside le seuil du bonheur ? Je crois qu'il y a même des gens sans enfant très heureux, et tant mieux pour eux.

Et si j'assume et aime enfin ma fratrie, il y a encore une chose qui me hérissse le poil : entendre que ma fille unique ne peut être qu'une fille égoïste et trop gâtée, d'emblée suspecte, sans doute une chipie capricieuse. Quand je la vois être trop gentille, trop tolérante à mon goût, Je me dis qu'il est temps de réagir, qu'aurait-elle donc à se faire pardonner ? Rien, elle est la fille unique choyée de ses parents, et il n'y a pas à se justifier !

Moi je dis y'en a marre des clichés et des idées toutes faites qui font mal. Laissez-nous vivre heureux, et le nombre importe peu !

 

 

 

 

 

24.07.2006

On fait comme avant...

Un de mes petits cousins, Eric, père de 3 enfants, habite à Paris, et sachant bien que son budget ne lui permettra jamais d'y acquérir un modeste appartement, a acheté une maison avec un grand champ dans le Limousin.

Il a raison, il a au moins un point de chute, et ses enfants peuvent courir dans l'herbe et changer d'air dès que les vacances, petites et grandes, se pointent à l'horizon.

Leur maison pas tout à fait en ruine, est un peu l'écart du village, en pleine cambrousse donc, mais ils sont heureux, c'est la liberté, et comme ils n'ont pas d'exigence particulière en ce qui concerne la modernité, tout va bien : ils ont enfin de l'espace, alors qu'ici ils s'entassent dans un petit 3 pièces, comme tant de familles d'ailleurs...

Eric est un gros nounours, simple et chaleureux aimant bien la vie, et les humains en général. Lorsqu'il a acquis la maison, il a sollicité l'avis et les conseils de mon cousin Jean qui est son oncle. Jean ancien joueur de rugby, campagnard casanier est un vieux (enfin la soixantaine) matou roublard et rigolard. Il sait tout faire, n'a peur de rien (sauf de Paris, il y étouffe !) et il a toujours une idée pour trouver la solution à un problème, ou pour que tout aille bien de façon générale.

Il est allé voir la maison convoitée, a émis de fortes réserves quant au coût des travaux qui seraient nécessaires pour y habiter dans le confort, mais il a été séduit par la campagne paisible et tout.

L'achat s'est donc réalisé, l'installation pour les vacances organisée, le bonheur pour la petite famille assuré.

Dernier conseil de Jean à son neveu : dès que tu verras ton voisin, le paysan d'à côté, celui qui fait la tronche parce qu'un Parigot vient d'acheter, tu la joues finement. Vouis, faut dire qu'Eric malgré son aspect débonnaire est parfois soupe-au-lait, et qu'avec lui le ton peut monter rapidement, mais c'est un gentil pourtant ! C'est comme moi, un campagnard exilé, mais ayant vécu quelques années une vie aisée d'expatrié français avec ses parents, il est quand même assez éloigné maintenant des us et coutumes ruraux.

Donc, une fois installés, Eric et son épouse brésilienne, et les trois enfants se baladent sur le petit chemin de terre, un tracteur s'arrête, c'est le voisin présumé grognon, qui casquette vissée sur la tête et clope au bec entame la conversation, et vient jauger ceux qu'il pense être parigots pur sucre...

Alors là, Eric il a fait comme Jean lui avait dit, il a rassuré le voisin en lui disant "On fait comme avant..." Large sourire du voisin, qui s'est empressé d'aller voir les autres, et de colporter la bonne nouvelle : "On fait comme avant..."

Mais qu'est-ce que vous faites comme avant ai-je demandé à Eric lorsqu'il m'a raconté cette histoire en riant : - Je n'en sais rien du tout, j'ai suivi les conseils de Jean, et j'ai prononcé d'un air entendu la phrase magique, qui nous a ouvert les visages et les portes !

C'est vrai, un des voisins s'est proposé de veiller sur leur maison quand ils seraient absents, ils ont été invités à boire un verre chez l'autre, et ont même découvert un panier d'haricots verts devant leur porte ! Ils ont passé de merveilleuses vacances d'été, ma cousine a dévoilé ses recettes de cuisine brésilienne aux voisines enchantées ; les enfants ont trouvé des copains... Les voilà intégrés les Parigots !

On ne sait rien des arrangements des anciens propriétaires avec leur entourage, mais mon cousin Jean en allant boire un verre au bistrot du village avait sans doute reniflé une possible embrouille. Ah il est fort Jean, je vous assure il a l'air d'un balourd comme cela, mais moi je vous le dit, il est précieux cet homme-là !

 

 

16.07.2006

Bon Anniversaire Vivie !

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Aujourd'hui je souhaite un très heureux anniversaire à
ma petite soeur Vivie  !                                                
Vous la voyez c'est la petite fille à droite sur la photo !    
C'était une joyeuse petite soeur que j'embrasse bien fort.
                                                                                                                                    
                    Que lui offrir à cette petite gourmande ? Un gâteau bien sûr !                
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Joyeux anniversaire petite Rochelaise !                                             

05.04.2006

Mauvaise mère ?

Depuis septembre dernier, Corbelle notre fille de 23 ans est partie habiter avec son ami.

Oh pas loin, toujours à Paris, à 30 minutes en métro, 15 minutes en scooter, 20 minutes en voiture, 30 minutes en vélo, et à pied à peine une heure.

Ce déménagement prévu, s'est bien déroulé, ils se sont installés et font leur petite vie.

Et alors me direz-vous, où est le problème ?

Mais il n'y as pas de problème en ce qui me concerne, c'est parfait.

Et c'est bien ce qui a l'air de déranger.

Lorsque je vois la tête de mes collègues qui d'un air apitoyé me disent : "tu sais on n'élève pas les enfants pour soi" ???

Lorsque ma petite soeur me dit "Tu as pleuré lors de déménagement ?" Ben non pas du tout, pourquoi ?

Lorsque BelleMaman prend des nouvelles de ma santé dès octobre, c'est une surprise.

Lorsque la voisine me regarde l'air désolé "Alors elle est partie ?"

Lorsqu'une copine m'a dit "Moi ma fille habite chez nous avec son ami" j'ai frémi d'horreur.

Alors je me dis Je ne suis pas normale, je dois être une bien mauvaise mère.

Car en fait, moi je suis ravie qu'elle soit indépendante, que l'idée de vivre sans nous ne l'effraie pas, qu'elle se construise sa vie, qu'elle ait du plaisir à s'installer dans son chez elle.

Peut-être que je ne devrais pas ; peut-être que je devrais souffrir ou faire comme si, peut-être que je devrais rôder dans sa chambre, le nez contre la vître, les yeux embués.

Je devrais peut-être aussi prendre l'air triste, soupirer lorsque quelqu'un me demande de ses nouvelles ? Téléphoner sans arrêt chez elle, nous inviter le dimanche, je ne sais pas moi je devrais faire la vraie mère ou quoi ?

Mais c'est que Corbelle vient nous voir au moins une soirée par semaine, que nos relations sont bien plus chaleureuses, qu'elle est plus détendue avec nous et affectueuse. Elle nous parle plus également, nous consulte sur  les choix de son avenir ; et surtout je trouve qu'elle a mûri, qu'elle est consciente de ce qu'elle a reçu, et de ce qu'elle peut donner.

Moi je trouve qu'après le bac on est adulte, et qu'on doit quitter ses parents, pour vivre sa vie d'étudiant, d'amoureuse, loin du train-train parental. Le prix des loyers parisiens nous avaient quelque peu retenus, et nous avons partagé le logis lors de ses 5 années d'études. Cela s'est bien passé, mais bon, chacun son rythme chacun sa vie, nous n'étions pas très "raccords" !

Enfants indépendants, mais aussi parents indépendants non ?