Nous étions très contents d'arriver enfin à Pamukkale le soir, mais surpris en découvrant l'hôtel : une grande verrière recouvrait le hall et la salle à manger, une fournaise ! Les chambres n'avaient heureusement pas subi les fantaisies de l'architecte. Après le dîner, nous nous sommes précipités dans les Bains en plein air de l'hôtel : bassins alimentés par des sources d'eau chaude, bassins d'eau froide, l'hôtel accueillait des curistes. Grands moments de détente, et de plaisir. Plaisir de voir débouler un groupe de jeunes Espagnoles, qui essayèrent tous les bassins au galop en riant, et se sauvèrent en nous éclaboussant. Une famille russe profitait pleinement du bassin le plus chaud. Le père, grand costaud moustachu s'ébrouait sous les eaux ruisselantes, imperturbable. Lorsqu'il quitta l'endroit, je tentai de m'y tenir debout, impossible, le poids et la force de l'eau me déséquilibraient ! G. notre guide se prélassait recouvrant son visage d'argile déposée au fond de l'eau, argile bienfaisante pour la peau selon elle. Peu à peu le calme revint, nous n'étions plus que trois dans les bassins G., Corbillo et moi. G. nous expliqua pourquoi son téléphone portable sonnait fréquemment : son mari très jaloux exerçait une surveillance à distance ! Elle avait commencé à travailler en tant que guide depuis 7-8 ans, et avait dû "éduquer" son mari pour qu'il accepte de la laisser partir, une journée ou deux. Au début il la suivait en cachette, vérifiant qu'elle n'était pas assise à côté d'un homme dans le bus par exemple. Elle n'avait pas cédé, elle avait besoin d'aller travailler et l'argent gagné financerait les études de ses enfants... Oui, elle regrettait la France, et la vie qu'elle aurait pu y mener. En 1988, ses parents avaient décidé de partir car sa soeur aînée âgée quand même de 23 ans avait un flirt ! Un flirt léger, et non pas une affaire de coeur ! Horrifiés, et n'ayant jamais envisagé que leurs enfants vivraient autrement qu'eux-mêmes, retour au village. La fille aînée, majeure refusa de les suivre, ainsi qu'un des fils lui aussi majeur. Et voilà que G., maintenant, se retrouvait à devoir s'occuper de ses vieux parents, le fils ne pouvant pas revenir en Turquie puisqu'il n'avait pas fait son service militaire, et la soeur aînée ne venant qu'en touriste lors des vacances... Il était plus de 23 heures lorsque nous nous sommes quittés, le temps s'était écoulé rapidement, et nous étions tous les trois émus de cette rencontre.
Le lendemain, départ à 8 heures pour la visite de Hierapolis, et du site de Pamukkale.
Corbillo, grand lecteur du Vocabulaire de l'Architecture se régalait, des vieilles pierres, des vieilles pierres, une matinée de rêve pour lui ! C'était le moment idéal, il ne faisait pas encore trop chaud, parfait pour la visite !
HIERAPOLIS :
PAMUKKALE :