« Un cadeau dans ma tête | Page d'accueil | Tags parisiens »

11.07.2008

Zola, Maupassant, Guizot et les riches

Toujours dans mes fonctions de "liseuse", j'ai relevé cette phrase cette semaine dans Le Point, un chef d'entreprise est interviewé, on lui demande ce qu'il "pense du regard que l'on porte en France sur les riches".

Voici un extrait de ses réponses :

"La société française considère la richesse d'un mauvais oeil. Depuis toujours... C'est le même esprit du côté des valeurs républicaines. Dans les lycées, aujourd'hui, on apprend aux enfant à avoir un jugement critique vis-à-vis de l'argent. On lit Zola et Maupassant, on voit la misère et l'argent qui corrompt, les méchants patrons... On pourrait étudier Guizot et les grands penseurs américains. Dans les livres d'économie, c'est pareil. On parle toujours du côté négatif, de ceux qui s'enrichissent impunément, des délits d'initié... Vous ne verrez jamais de success story racontée dans les manuels scolaires !"

 Pauvres de nous !

 

Commentaires

Mais il a raison, ce brave homme. La vie est tellement plus jolie sans les pauvres!

Ecrit par : anita | 11.07.2008

Y a Marianne qui remet le couvert cette semaine avec un dossier sur l'argent. Y va pas aimer le patron :-)

Ecrit par : akynou | 11.07.2008

Eh oui... très catholique, cette glorification de la pauvreté. Du côté des protestants, on assume peut-être un peu mieux. D'où les honneurs rendus aux self-made-men aux Etats-Unis.

Ecrit par : Stella | 11.07.2008

Il parle de ce qu'il ne connaît pas, je doute qu'il ait lu Zola, par exemple.

S'enrichir par le commerce n'est pas du tout critiqué par Zola, bien au contraire : Gervaise, dans l'Assommoir, monte sa petite entreprise de blanchisserie et est très heureuse. Elle prospère, elle a le sens de la clientèle et elle fait des projets d'agrandissement... Si tout rate, c'est parce que son mari couvreur tombe du toit, sans assurances, devenu boîteux, il perd son métier (et donc tout revenu) et tombe dans l'alcoolisme, entraînant sa famille dans sa ruine.

On pourrait multiplier les exemples par dizaines. Même dans Germinal, le monde des patrons est divisé, il y a une fibre sociale chez certains, très peu sont des profiteurs sans scrupules.

Inversement, les ouvriers ne sont pas des héros, Zola les montre dans leur complexité et leurs limites.

Je trouve un peu fort cette instrumentalisation de la Littérature à des fins idéologiques... L'alignement de clichés n'est guère propice à la réflexion !

(Bé moi, justement, je ne les aime pas, les riches! Parfois, j'ai peur de l'être, d'ailleurs... on est tous bien riches, de ce côté-ci du monde, quand tant de gens vivent avec 1 dollar par jour)

Ecrit par : samantdi | 11.07.2008

Le comportements de nos dirigeants politiques et économiques aux revenus pas modestes du tout, leurs prises de positions sur le travail des manants, n'est pas fait pour modifier le comportement des français sur, non pas l'argent, mais la façon existante de le "ventiler" !!

Ecrit par : patriarch | 11.07.2008

Il ne manquerait plus que ça que l'école s'y mette aussi ! Déjà que le soir, entre "Combien ça coûte" et les reportages sur les demeures de stars, les aménagements de yachts, la difficulté à trouver une place dans un port de plaisance... (oui, j'avoue, j'ai regardé la télé une soirée) les pauvres n'ont plus qu'à s'imaginer que la vie serait plus belle s'ils étaient nantis et à rêver, indéfiniment... si, en plus l'école s'y mettait.

De toute façon, quand je vois les élèves me répondre que leur frère roule en BMW et gagne cinq fois plus que moi en dealant... ben, je ne sais plus trop comment leur dire de travailler, que c'est dans leur intérêt puisque l'argent semble leur seule valeur...

Ecrit par : telle | 11.07.2008

Bienheureux les pauvres ......d' esprit !

Ecrit par : BC | 11.07.2008

Zola a mal vieilli mais Maupassant est toujours d'actualité, sans parler de La Fontaine : "Selon que vous serez puissant ou misérable..."

Ecrit par : heure-bleue | 11.07.2008

Les pauvres sont un mal nécessaire. Sinon comment les riches sauraient qu'ils le sont?
Salauds de pauvres ! (Gabin - la traversée de Paris)

Ecrit par : Antoine | 11.07.2008

Je suis bien heureuse de vos réactions.
Vous allez voir bientôt, on va accuser les profs de saper le moral des Français et de briser l'esprit d'initiative parce qu'ils enseignent (ou essaient) la culture française, notre patrimoine...

Eh oui Salauds de pauvres !

Ecrit par : Fauvette | 11.07.2008

D'accord avec heure Bleue. la Fontaine aurait de quoi écrire s'il revenait parmi nous.

Ecrit par : mab | 12.07.2008

Coluche aurait aussi de quoi dire s'il revenait parmi nous !

Ecrit par : Madeleine | 12.07.2008

Zola :) J'ai tant aimé, lu et relu "Au bonheur des Dames", ce serait dommage d'exclure cet écrivain des programmes.

Pfff cette curieuse glorification de l'argent !

Ecrit par : Valérie de Haute Savoie | 12.07.2008

C'est le nouvel argumentaire de notre droite sarkozyste. Après les déclarations de notre président sur "la Princesse de Clèves" dont il ne comprend pas qu'elle figure au programme de certains concours de la fonction publique, après le tir groupé contre le programme d'économie en section ES, ce sont nos grands écrivains du XIXème qui sont dans le collimateur. Normal. L'on veut nous y ramener tout droit à ce XIXème siècle sans couverture sociale, sans retraite, sans droit du travail, sans services publics.

Ecrit par : Oxygène | 12.07.2008

Comme dit Valérie : "curieuse glorification de l'argent".
La passion du pouvoir et du sexe sont tellement universelles qu'elles sont même partagées par les animaux, mais alors l'argent... typiquement humain.
Stella a relativement raison : la culture catholique veut qu'on ne parle pas d'argent, les prêteurs et banquiers ont longtemps pu n'être que juifs... et chez les protestants, la réussite sociale et financière était importante et plus décompléxée puisqu'elle pouvait être un indice sur sa prédestination (si tu réussis ici-bas, ça devrait marcher là-haut :o)
Mais ici effectivement je pense plutôt à la non-compréhension par nos présidents en tout genres de la littérature, et du fait qu'une économie ne suffit pas à faire un pays.

Ecrit par : Gamacé | 16.07.2008

Cela viendrait-il de notre éducation judéo-chrétienne ?

Ecrit par : Oncle Dan | 17.07.2008

Je ne crois avoir eu une éducation judéo-chrétienne.
Ça n'a rien à voir avec les religions. Nos société occidentales sont pourries par l'argent c'est tout.
Il n'entre pas dans les programmes mais il est bien présent dans les écoles. Riches et pauvres ne fréquentent pas les mêmes salles de classes, ne portent pas les m^mes basquettes...

Ecrit par : maelloutsa | 28.07.2008

Ecrire un commentaire