28.05.2008
Le petit Thomas dans le métro
Mais il n'est pas à moi, ai-je répondu interloquée à la punaise qui m'ordonnait de "tenir mon gosse tranquille". J'étais assise dans le métro, ligne 1 en direction de Vincennes, lundi vers 18 h 30. Un petit garçon agité d'environ cinq ans se cognait dans les jambes des voyageurs, et avait fini par venir se coller à moi, posant sa tête sur mes genoux. Je cherchais des yeux sa maman ou son papa, mais ne voyais que des dos, des postérieurs, des visages sévères. Mon voisin, un vieux maghrébin aux yeux plissés m'indiqua une personne debout vers les portes, C'est sa maman, je crois. J'essayai de la prévenir mais elle me tournait le dos. Bizarre quand même...
Thomas veut faire dodo dit le petit en s'allongeant de plus en plus sur moi. Je lui caressai ses petits cheveux courts, il avait chaud dans la nuque. Tout d'un coup, comme un ressort il se releva et réclama Un bisou, Un bisou... Je l'embrassai, il m'attrapa les mains, et joua avec mes doigts essayant de soulever mes ongles. Je lui demandai d'arrêter car cela faisait mal. Thomas grogna, gesticula, mais resta près de moi. Impossible de parler avec lui, il ne m'écoutait pas.
La rame s'arrêta à la station Palais-Royal et se délesta de nombreux voyageurs. Je retins le petit, tenté d'aller sur le quai, et m'aperçus que la maman avait réussi à venir s'asseoir en face de nous, sans un regard pour son gamin. J'indiquai à Thomas celle que je supposais être sa maman, et qui l'était. En souriant, il alla s'installer près d'elle, elle ne manifesta aucun intérêt pour lui. Frustré il voulut se mettre debout sur les sièges, mais je lui fis signe que non, c'était trop dangereux. Aucune réaction de sa maman.
Mon voisin soupira, c'est malheureux quand même une femme dans cet état. - Quel état ? Elle n'avait pas l'air enceinte, plutôt fatigué, très fatigué, un peu étrange quand même. Et puis, tout d'un coup je compris : les yeux injectés de sang, le regard vague, elle avait bu, beaucoup trop bu. Elle toussa, et je sentis l'odeur forte de l'alcool... Je lui demandai où elle habitait, mais elle souriait sans répondre... Thomas la sollicitai, maman, maman, un bisou, un bisou. Mais elle ne l'entendait pas, ne se penchait pas vers lui, il redescendit de son siège pour sauter, et se défouler.
Mon voisin et moi avions le coeur serré, j'ai vu le vieux monsieur les larmes aux yeux, et moi-même j'étais bien chamboulée. Je regardai Thomas, il était habillé simplement mais très propre, pas délaissé. J'avais un rendez-vous à Bastille et ne pouvais pas l'annuler, et pourtant j'avais bien envie de les raccompagner chez eux. Ce petit était capable de suivre n'importe qui, et sa mère ne s'en rendrait même pas compte... Je demandai au vieux monsieur s'il pouvait le faire, mais il était sur le point de descendre...
J'ai fait deux gros bisous à Thomas avant de descendre à La Bastille, je n'étais pas fière de moi je vous assure. Les grands yeux noirs de Thomas ne m'ont pas vraiment quittée depuis...
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Commentaires
wohhhh je devrai parfois faire un peu plus attention à ce qui se passe autour de moi dans le métro...
Ton article est touchant !
Écrit par : Arnaud | 28.05.2008
La différence entre un village et la capitale : Ici, on saurait comment faire pour prendre en charge... Même si c'est loin d'être parfait, on irait chez une mamie ou... A Paris, c'est l'indifférence, et il faut des gens sensibles comme Toi pour remarquer ce que tout le monde feint d'ignorer ! Mais ensuite, on est complètement démunie pour agir ! Ce qui renforce le détachement vis à vis des autres... On crée un monde d'égoïstes !
Écrit par : paysanheureux | 28.05.2008
Mon dieu, j'aurais été comme toi remuée au fin fond des tripes. Et j'aurais été comme toi très démunie face à cet enfant.
Écrit par : Valérie de Haute Savoie | 28.05.2008
les mentalités dans les campagnes ont bien changé, je ne suis pas sûre que le petit Thomas aurait trouvé de quoi assouvir sa soif de bisous. J'imagine que tu n'as pas du bien dormir...
Écrit par : mab | 28.05.2008
En quoi, celle qui vous ordonnait de "tenir votre gosse tranquille" était-elle forcément une punaise ? L'attention aux autres doit-elle être systématiquement sélective ?
Écrit par : Olivier Autissier | 28.05.2008
J'arrive sur votre blog via Matoo et j'en repars les larmes aux yeux...
Écrit par : Blandine | 28.05.2008
Tu évoques là la solitude des grandes villes...
Car même si tu avais raccompagné l'enfant et sa mère... cela n'aurait pas résolu le problème, le vrai problème de cette maman qui boit...
Oui cela fait mal au coeur, ce billet...
Écrit par : Coumarine | 28.05.2008
Dur à comprendre, mais la mère est plus à soigner qu'à blâmer, et pourtant ce sont toujours les enfants qui trinquent !!
Écrit par : patriarch | 28.05.2008
C'est dur, là, ce que tu racontes. On se trouve tous un jour en face d'une personne qui, manifestement, a besoin d'aide et... on passe son chemin. Ensuite, on culpabilise, on se souvient, plus encore de la misère d'autrui, de notre lâcheté. Je connais des gens qui se sont arrêté, qui ont parlé, qui ont soutenu... Je l'ai fais moi-même une fois ou deux et je n'ai rien réglé bien sûr. Cette fois est plus cruelle encore car il s'agit d'un enfant. mais comme le souligne Coumarine, le vrai problème c'est la maman qui boit et, à moins de consacrer ses journées, de se substituer, parfois, à la mère, bref, à moins de changer de vie...
Très ému par ce billet.
Écrit par : ouam-chotte | 28.05.2008
Je te comprends...
Et cette demande d'amour et d'attention, ça fend le coeur...
(Pour prendre les choses du bon côté, tu as une tête à être maman d'un petit garçon, ça fait du bien à Ta Beauté, ça, non ?)
Écrit par : Anne | 28.05.2008
Difficile de porter un jugement sur la mère, nous ne connaissons rien de sa vie, pauvre petit garçon dire qu'il va grandir plus vite que les autres et qu'il prendra sa mère ne charge...
Écrit par : heure-bleue | 28.05.2008
Vous vous doutez bien que je ne juge pas cette maman, mais que j'étais bouleversée, je crois que vous l'avez tous compris. La mère et l'enfant m'ont émue, et je me suis sentie impuissante, et je dois le dire aussi un peu nulle.
@Olivier : oui c'est une punaise car elle m'a aboyé dessus en terme brutaux... Moi je lisais tranquille, et ce petit est venu se coller à moi, j'ai été la première surprise et ai essayé de le calmer. Je ne comprends pas trop votre agressivité.
Écrit par : Fauvette | 28.05.2008
J'ai lu ce texte avant de partir travailler et je n'ai pas arrêté d'y penser ce matin... Du coup, j'ai rebondi sur mon blog.
C'est un texte qui soulève tellement de questions, avec une économie de moyens, un texte profond, sobre (sans jeu de mots !).
D'ailleurs, chaque commentateur en tire une remarque différente. On pense à la mère, à l'enfant, à la vie commune, à la façon dont nous affrontons cette question (nous, individuellement, ou collectivement...)
Merci de ce texte, ma Fauvette.
Écrit par : samantdi | 28.05.2008
Coup à l'estomac.
Écrit par : Oxygène | 28.05.2008
Fauvette, ça ne se voulait pas de l'agressivité. Simplement, je trouvais le terme de "punaise" sans éclaicissement mal à propos, et ça n'est que mon point de vue, au début d'un texte qui soulignait l'impuissance parfois à faire preuve d'humanité entière.
Je ne fais que rarement preuve d'agressivité, et uniquement lorsque je me sens atteint. Si mes propos ont été reçus en ce sens, à la fois j'en suis désolé et je m'en excuse. Ça ne voulait pas être mon propos.
Je voulais réagir tant votre récit reflète parfaitement la société d'aujourd'hui dont je ne suis pas exempt, loin de là, et qui fait la preuve qu'un rendez-vous à soi, aussi important soit-il, l'emporte quasiment toujours sur la sécurité mise en péril d'en enfant. Et ce péril n'est aussi peut-être qu'un ressenti aussi légitime soit-il.
Et j'espère pour ne pas faire trop long que vous accepterez mes excuses et comprendrez mon intention.
Écrit par : Olivier Autissier | 28.05.2008
Votre touchant billet m'a rappelé ce bébé émacié, au regard agrandi et fatigué, tenu à bout de bras dans un panier par un papa visiblement sous l'emprise de quelque faux paradis. Il voulait acheter du lait, des couches, il ne savait même pas qu'il n'était pas au bon endroit pour ça, il ne savait pas quoi acheter. Toujours, le regard agrandi de ce bébé.
J'ai demandé si je pouvais faire quelque chose, c'était non, je n'ai pas osé insister. Ce regard me poursuit encore. Comment on appelle ça, déjà, le «devoir d'ingérence»? Je ne l'ai pas rempli. J'espère que si ça arrivait encore, je saurais insister.
Écrit par : Tassili | 28.05.2008
Ne t'en sens pas coupable, Fauvette. (Oui, je sais, facile à dire, mais je suis sûr qu'ils sont arrivés tous les deux à leur destination sains et saufs). Et puis, si : des punaises, ces gens qui se croient dans le droit de donner des leçons sans se demander pourquoi un enfant manifeste un comportement gênant pour eux (par exemple parce qu'il est autiste - je viens de lire un livre/BD sur le sujet - ou parce que sa mère est alcoolique, ou va savoir).
Et je veux ajouter que je trouve très injustes les deux commentaires d'Olivier Autissier : le premier de par son agressivité, le deuxième de par sa facilité à faire des reproches complètement gratuits ("la preuve qu'un rendez-vous à soi, aussi important soit-il, l'emporte quasiment toujours sur la sécurité mise en péril d'un enfant" : je n'en reviens pas encore).
Écrit par : Pablo | 28.05.2008
Les remarques sur l'égoïsme urbain par rapport à la solidarité des campagnes sont quand même archi caricaturales ! J'ai vécu une histoire un peu du même genre dans un bar de la Meuse profonde. Le bar ne bougeait pas, mais les enfants y étaient livrés à eux même au moins toute la matinée pendant que leur mère buvait avec des amis, sans émouvoir aucun des habitués du bar.
L'histoire est poignante. Ce qui m'étonne, c'est le lien que tu fais avec la tenue, comme si le désintérêt pour ses enfants était lié à un niveau social. Quand je vois certains parents qui font passer leur carrière avant tout, délèguent le quotidien à une nounou qui réside à demeure, qui partent quand leur enfant dort et rentrent quand il est couché (je connais des gens comme ça, je ne caricature pas) et ne les voient que pendant les vacances s'ils ne sont pas expédiés en séjour haut de gamme quelque part, je me dis que la différence de fond entre les deux est que dans un cas on voit ce qui se passe quand dans l'autre c'est caché. Mais dans les deux cas, ce sont les enfants qui trinquent.
Écrit par : Jérôme | 28.05.2008
C'est un très joli post. J'espère que ce gamin et sa mère ont finalement pu rentrer chez eux. C'est vraiment triste de penser qu'on croise souvent sans les voir des personnes qui sont dans ce genre de détresse. C'est bien de ta part de le rappeler.
Écrit par : vinsh | 28.05.2008
Ce que j'apprécie dans vos post, Fauvette, c'est votre attention aux autres, au coeur d'une grande ville. C'est un texte poignant qui raconte une minuscule tranche de vie de quatre personnages, mais dit tant de choses : la solitude et le désarroi d'une jeune femme qui ne sait pas s'aimer et ne sait pas aimer son enfant; la solitude et le désarroi d'un enfant dont on a peur pour l'avenir; votre malaise - désarroi, peut-être? - au moment de quitter le métro partagée entre vos obligations et votre humanité interpelée; l'intelligence d'un vieux sage qui comprend tout, mais n'a pas la force d'agir...
Le texte est très touchant. Et moi j'espère ce soir qu'un ange veille sur le petit garçon, le protège des grosses peurs, lui épargne les vilains coups, et lui fera rencontrer encore beaucoup de Fauvettes sur son chemin.
Écrit par : Daniela | 28.05.2008
La grande ville est la façon la meilleur de se perdre dans la foule. Les gens croisés une fois disparaissent souvent pour toujours; alors comment rester insensible à ce genre d'histoire qu'on aimeraient inventées, comment ignorer ces beaux yeux noirs ? Je ne pense pas avoir la réponse (ni la vouloir).
Écrit par : berlioz | 28.05.2008
Merci à tous et à toutes de vos paroles chaleureuses.
@Samantdi, je vais aller lire ton billet, merci à toi.
@Olivier : tant mieux si le propos n'était pas agressif, merci. L'objet de ce billet n'est pas cette voyageuse irascible, mais Thomas et sa maman. Je ne souhaite pas polémiquer.
@Jérôme : je voulais dire que l'enfant n'était pas délaissé, je comprends ce que toi tu veux dire.
Écrit par : Fauvette | 28.05.2008
Touchée au coeur par ce petit Thomas qui demande de la tendresse... Comment réagir dans une situation pareille ? je crois que tu as fait à Thomas cadeau de quelques moments d'attention, de douceur. Gratuits ! Que pouvais-tu faire d'autre ?
Écrit par : martinecarol | 28.05.2008
Pauvre petit Thomas....je pense que tu as bien agis envers lui, et malheureusement tu ne pouvais faire plus dans ce cas précis
Écrit par : la jd | 28.05.2008
Quelle tristesse, et pauvre petit bout de chou !
Dans ces cas là, on fait ce qu'on peut et ce moment de tendresse que tu lui as offert est sûrement le petit soleil de sa journée.
Je ne peux m'empêcher de penser à ce qu'il va devenir, j'espère que tout va aller bien pour lui ...
Belle journée.
Marie-Ange
Écrit par : esprit classique | 29.05.2008
Je suis comme le vieux Monsieur, avec les larmes aux yeux.
Écrit par : Christian | 29.05.2008
Brrrrr...
Écrit par : Marloute | 29.05.2008
Je me demande si l'attitude de Thomas, son agitation, n'était pas pour attirer l'attention sur sa maman justement. Les enfants ont parfois de drôles de détours pour arriver à exprimer ce qu'ils ont à dire et quand ils sentent leurs parents en souffrance...
Écrit par : akynou | 29.05.2008
C'est triste, mais ne te culpabilise pas. Tu as fait de ton mieux à cet instant-là...
Écrit par : Corinne | 29.05.2008
Comme toi, je me serais sentie impuissante... et bouleversée.
Écrit par : gazelle | 29.05.2008
Au secours! C'est hard!
Mais pour avoir parfois voulu répondre à la détresse de personnes rencontrées dans la rue ou le métro, on s'embarque dans des histoires ultra compliquées qu'on ne sait pas bien gérer. Dans mon cas il s'agissait d'adultes, des SDF.
Mais là, c'est pas plus simple, tu serais arrivée chez elle et ensuite? Que faire devant l'enchaînement de malheurs qui l'amènent à son alcoolisme. Sans doute seule dans la vie, sinon elle se cacherait pour boire. Alors, tu t'adresses à qui? Services sociaux? Et risque de placement de l'enfant?
Mais difficile d'oublier cet enfant. Par contre, pour te réconforter je pense que tu peux te dire que cet enfant a une sacrée capacité à se faire aimer et qu'il aura donc des ressources dans la vie.
Et toi? T'en es où de ton enfance et de ta recherche pour cet été?
Bises Fauvette
Écrit par : Laurence D | 29.05.2008
Cette maman a sans doute bien des problèmes insolubles mais comment cet enfant sera-t-il "élevé" dans ces conditions ?
C'est d'une tristesse infinie, j'ai la gorge nouée.
Écrit par : Pralinette | 29.05.2008
Il y a quelques années, j’avais « récupéré » un petit enfant perdu dans le métro*. Plus exactement, je l’avais conduit au bureau du chef de station. Ce serait maintenant, je ne toucherais pas à cet enfant. Je demanderais à une femme de s’en occuper. Et au besoin je gueulerais pour l’obtenir.
Etait-il perdu parce qu'il avait une mère comme celle-ci, elle-même perdue dans son poison ?
* http://bricablog.net/index.php/2007/09/06/1284-memorable-entree-en-6eme
Écrit par : PMB | 29.05.2008
Ca ferait un bon début de roman.
Écrit par : Parapluie | 29.05.2008
Face à la misère sociale, pour pas désespérer de tout, y'a que la force de l'humanité. Tu en as donné beaucoup, là, l'air de rien, en cinq minutes de métro, puis en partage dans ces lignes. Tant que ces yeux parviennent à te hanter, à nous hanter, c'est qu'on a encore une chance de s'en sortir...
Écrit par : Oh!91 | 29.05.2008
Les larmes aux yeux, pour cette maman qui doit être désespèrée et pour ce bout de chou tellement avide de tendresse...
Écrit par : dany | 30.05.2008
J'ai envie d'imaginer que la maman avait bu de trop, juste ce jour-là.... par hasard, désoeuvrement, fête imprévue....
Et qu'une bonne nuit passée ne ferait plus de tout ça qu'un souvenir très vague dans la tête d'un petit garçon.....
Bien sûr, je n'y crois pas vraiment....mais ce serait si bien....
Écrit par : liaht | 30.05.2008
terrible cette impression de non assistance à enfant malheureux, à parent perdu
ton texte est bouleversant
Écrit par : céleste | 30.05.2008
Que dire de plus ?
Professionnellement je pense qu'il aurait fallu avertir les services sociaux, cet enfant et sa mère étaient en danger...
Est ce que je l'aurais fait moi même ?
Écrit par : carnet caché | 30.05.2008
Si que jamais un jour c'est moi le rendez vous à Bastille, tu laisses tomber, tu fais ce que ton coeur te chante et puis tu expliques par après.
Jusqu'à il y a trois ans je me faisais une sorte de devoir d'ingérence discrète (pas rameuter tout le monde, mais par exemple comme tu le dis toi-même, tenter de les raccompagner jusqu'à chez eux, qu'au moins en chemin il ne leur arrive rien) parce que je faisais ce que j'aurais aimé qu'un adulte fît quand j'étais gosse et que mes parents (mais pas du tout pour la même raison) se comportaient de façon difficile.
A présent je ne sais plus trop quoi penser ni non plus trop quoi faire et quand je croise des personnes en difficultés je n'ai la force de rien. En plus que je suis minée par l'idée qu'en voulant faire du bien, secourir, aider c'est parfois du mal qu'au bout du compte on fait.
Écrit par : gilda | 30.05.2008
Bonsoir,
C'est la 1ère fois que je visite votre blog et curieusement je reviens d'une réunion sur l'alcoolisme.
On est impuissant devant cette maladie, vous, moi, elle ...
Il ne faut pas non plus culpabiliser car on ne peut pas passer sa vie à faire pour les autres, ce n'est même pas forcément les aider.
Oui, ça fait mal au coeur, oui on y pense et ça empêche de dormir. Vous avez su donner de l'affection à l'enfant, que pouviez-vous faire de plus. Vous ne pouvez pas materner la mère, et la suivre au jour le jour.
L'alcoolisme est un mal social, et vous n'y êtes en rien responsable. C'est triste.
Écrit par : Fanzesca | 31.05.2008
Un beau billet sur un sujet qui l'est beaucoup moins. En espérant que cela puisse nous inspirer de temps à autre, à avoir le déclic de la main tendue qu'il n'est vraiment pas facile de tendre dans notre société individualiste où l'on nous enseigne plus à prendre et à se fermer qu'à donner et à s'ouvrir. Ici, vous nous avez donné en vous ouvrant à nous : merci pour ce partage.
Écrit par : Arnaud Seldon | 31.05.2008
Serait-tu comme moi ... perpétuellement gênée de ne pas pouvoir "aider" toutes les misères du monde ????
J'aime cette image là de toi... donner de l'amour, comme ça, en passant, à un enfant...
Désolée pour le gamin et sa maman, mais contente d'avoir lu cette note...
Écrit par : teberli | 01.06.2008
J'imagine parfaitement la scène et surtout ton visage en quittant le petit Thomas. La vie est parfois cruelle mais tu ne pouvais hélas pas te substituer à sa maman. Le pire, c'est qu'il y a beaucoup de Thomas...
Écrit par : Chondre | 01.06.2008
Bouleversant au sens propre : qui laisse une petite boule au fond de la gorge et une grosse dans le ventre, in utero.
Écrit par : auteure | 02.06.2008
aïe, je viens faire un tour sur ton blog et je rencontre la détresse humaine... J'espère que le petit Thomas mais aussi sa maman auront des jours plus doux...
bye
Écrit par : natpointg | 02.06.2008
Très touchante histoire... j'ai vécu plusieurs fois ce scénario, le gamin avec un parent à la masse, cette sensation que tu ne peux pas faire grand chose, laisser pousser les autres comme des plantes vertes, cette envie de souhaiter bon chance, l'image qui te poursuit... je ne connais pas grand chose de plus émouvant et dur.
Écrit par : balmeyer | 04.06.2008
Il n'y a pas que ton voisin qui a les larmes aux yeux...
Comme c'est difficile parfois. En tant qu'enseignants, nous rencontrons des enfants en recherche d'attention, prêts à faire confiance à la moindre personne s'intéressant à eux. On a envie de les aider mais on a si peu de prise sur leur vie.
Ton billet est si triste (enfin, c'est la situation qui l'est). Je t'embrasse.
Écrit par : telle | 05.06.2008
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