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12.01.2008

Boudins blancs

Les commerçants parisiens sont bien déroutants : un beau jour, ils disparaissent sans même prévenir leurs fidèles clients ! Il y a quelque temps revenant de vacances d'été, nous avions constaté le remplacement du charcutier de l'avenue d'Italie par un Club de Gym. Retraite, maladie, accident, changement d'activité ? Va savoir hein.

Mais zut, et leurs excellents boudins blancs alors ? Ah mais comment allons-nous faire ? - T'inquiète, avait répondu Corbillo, on les prendra chez Gros-Sourcils à Mouffetard, ils sont moins bons, mais pas si mal. Et il avait poursuivi, Les artisans abandonnent Paris ? Normal, comment peuvent-ils lutter contre la charcuterie industrielle vendue dans le supermarket d'à côté hein ? Toi-même tu y achètes du jambon... - Oui bon, mais pour les boudins blancs quand même... 

Et figurez-vous que l'autre samedi, je prends le métro, et arrive chez Gros-Sourcils, et là paf, que vois-je ? Le magasin fermé, vidé, et en travaux ! Mais, mais, c'est quoi ça ? Enfin la semaine dernière, je suis venue faire des achats ! Que s'est-il passé ? Je file chez le commerçant voisin pour aller aux nouvelles. - Ah me dit la dame, mais ils ont pris leur retraite depuis dimanche dernier, vous ne le saviez pas ? Il va y avoir un traiteur de luxe, je crois, ou une boutique de vêtements...

Eh non, Madame Gros-Sourcils ne m'avait rien dit, à part, les petites phrases usuelles : Combien en voulez-vous ? Voila, vous faut-il autre chose ? Non, cela fait tant, vous pouvez taper votre code, au revoir Madame, bonne journée... C'est incroyable, parce que si je réfléchis, Madame Gros-Sourcils et moi, on se connaissait depuis vingt ans ! Oui, 20 ans ! Et là, même pas un petit au revoir... Je ne m'y habituerai jamais, est-ce un usage parisien, ai-je raté un code, zappé une info ? Je n'en sais rien. Je comprends qu'ils arrêtent de travailler, mais pourquoi disparaître ainsi, en tapinois ? En province, les commerçants préviennent, enfin il me semble, ou alors j'ai rêvé ou quoi ? Cela devient agaçant.

Si bien, que cette année je n'ai pas dégusté de boudins blancs. Ce n'est certes pas un drame horrible et traumatisant. Je crois même que je pourrai surmonter l'affaire sans l'aide d'une cellule psy. Mais pourtant, c'est délicieux de vrais boudins blancs accompagnés de pommes cuites... Avec ou sans truffe.

Et puis, tiens j'y pense, je n'ai pas eu le petit calendrier que Madame Gros-Sourcils me donnait chaque année... Moi aussi, j'ai mes petits rituels, que voulez-vous !

 

 

Commentaires

Je préfère le boudin noir... (mais je ne VEUX PAS qu'on me décrive comment c'est fait :)

Ecrit par : Milky | 12.01.2008

pas facile pour nous aussi de trouver de "vrais" boudins blancs par ici,j'ai abandonné d'en acheter car à chaque fois nous avons été déçus
,un charcutier de Vendée en fait de délicieux mais cette année nous n'avons pas eu l'occasion d'en manger n'ayant pas passé Noël à L' I.D.
à bientôt Fauvette

Ecrit par : Françoise Del | 12.01.2008

Justement, quelle coïncidence, nous avons mangé des boudins blancs et des pommes à midi !

(commentaire élu "boulet du jour", comme chez Matoo, en raison de son grand intérêt!)

:-)

Ecrit par : samantdi | 12.01.2008

En province c'est pareil. Ils sont remplacés par des agences bancaires et des compagnies d'assurance. Peut être une preuve supplémentaire que le pognon devient plus important que la bouffe (et peut être même que le c*l) ;-D

Ecrit par : Catherine | 12.01.2008

Comme quoi, il y a encore des gens discrets ....c' est aussi une forme d' élégance....partir sans faire de bruit ! même si on laisse un vide derrière soi avec un petit goût de relation inachevée .

Ecrit par : BoutouCoat | 12.01.2008

Il savait que tu allais venir,
demandé du boudin blanc...
il était en rupture de banc,
Il a préféré partir...

Ecrit par : Maky | 12.01.2008

Viens me voir :D Ici il me semble être au pays du boudin blanc ! Toute l'année ils en vendent.

Ecrit par : Valérie de Haute Savoie | 12.01.2008

Le garagiste du village vient de s'en aller à la retraite en grande pompe, je n'aurai pas du critiquer tout son chichi alors...
20 ans!! et pas un adieu!! cela valait bien cette petite chronique.
Quelle maitrise Mademoiselle Fauvette.

Ecrit par : laparhasard | 12.01.2008

Que faire pour que notre chère Fauvette se régale de boudins blancs ? Qui peut lui trouver la bonne adresse à Paris ? ou lui en expédier de province ? Amis, unissons-nous pour le régal de Fauvette !

Ecrit par : martinecarol | 12.01.2008

Notre Tata Andrée, Vendéenne, en faisait de délicieux, qu'on mangeait froids !

Ecrit par : martinecarol | 12.01.2008

En province, les commerçants ne sont guère mieux, ils prennent leur retraite en catimini et du jour au lendemain, on ne les voit plus...

Quoi qu'il en soit, tes billets sont toujours une jolie carte postale pour moi, j'aime ce quartier que tu décris, la rue Mouffertard, Place d'Italie, les Gobelins, j'y ai traîné mes guêtres quelques temps.

bises nath

Ecrit par : natpointg | 12.01.2008

J'aurais bien dit comme Milky, premier réflex en lisant ta note. En même temps, je pense qu'on peut toujours en trouver mais dans des charcuteries de luxe, le mot même de charcuterie devenant un luxe à Saint-Denis où si on y trouve une rue du jambon elle doit être hallal.

Ecrit par : berlioz | 12.01.2008

Ben oui...partir sans un mot...ne rien dire...c'est ça qui est le plus grave, au delà des boudins blancs qu'on sait plus où les acheter désormais
n'est-ce pas la grande ville et son "inhumanité" qui font ça?

Ecrit par : Coumarine | 12.01.2008

Les commerçants ne nous perçoivent peut-être pas comme nous les percevons. Ils font très couleur locale dans nos vies... Tandis qu'eux voient tellement et tellement de clients!

Et si on commence à énumérer les commerces et les commerçants qui ont disparu... Un blog n'y suffirait pas ! Ceci dit, viens donc un jour en Belgique, ici, c'est le pays du boudin! Et des cougnoux (à noël, variante en forme de petit Jésus du traditionnel cramique ou du craquelain).

SInon, pour les charcuteries, c'est pareil, pas à cause des hallals, non, à cause de la mode du commerce hi-fi et de téléphonie, cd, dvd, gsm, etc. C'est ça qui marche. Pas longtemps, mais ça marche.

En fait, s'il n'y avait les commerces turcs ou marocains... On n'aurait plus aucun magasin de détail (alimentaire) veux-je dire...

Ecrit par : Pivoine | 13.01.2008

Solution, vient vivre à Montréal, je connais au moins trois bons boudins blancs ( mais bon il y a une charcutière plus jolie que les autres alors...) et des boudins créoles absolument merveilleux.

Ecrit par : Moukmouk | 13.01.2008

non, ce n'est pas différent en province, il m'est arrivée la même aventure que toi, et dans ma ville, le nombre de charcutier traiteur a considérablement diminué. ll semble qu'il n'y ait pas de jeunes pour reprendre et les magasins de chaussures fleurissent à la place .

Ecrit par : Saperli | 13.01.2008

N'idéalise pas trop les usages provinciaux. Voilà mon souhait pour 2008, que tu trouves du boudin blanc à ton goût.

Ecrit par : mab | 13.01.2008

Il ne te reste plus que la solution, les faire toi-même. Si je trouve une recette, je te l'adresse en comm.

Ecrit par : tajmahal | 13.01.2008

J'ai trouvé une recette de boudin blanc à : linternaute.com dans la section "recettes"

Ecrit par : tajmahal | 13.01.2008

Les usages ne sont pas très différents en Province où un pseudo-anonymat peut dominer des années durant avec des commerçants que l'on côtoie presque quotidiennement. Pourquoi? Pudeur, discrétion ou indifférence, qui sait? Mais moi aussi, je fais du boudin quand la fringue et la finance prennent la place des boutiques de bouche...

Ecrit par : auteure | 13.01.2008

Par chez nous, dans NOTRE campagne, on le sait. Il y aurait presque une boîte pour mettre un mot ou des sous à l'entrée. Et puis tout le monde en parle, alors...

J'ai même assisté à des fêtes de changement de commerçants (garagiste par exemple - non, non, je te vois venir, je n'étais pas une excellent cliente, c'était avant les accidents - avec présentation des nouveaux et discussions entre clients). C'est dire !

Je crois que c'était pour tes commerçants une forme de pudeur, de retenue. Sans doute souffraient-ils de devoir se retirer ?

Et chez nous, je jubile car de nombreux petits commerces ouvrent, des artisans arrivent. Après tant d'années de désertification, c'est un baume incroyable.


Bises.

Ecrit par : telle | 13.01.2008

Ayé, elle fait du boudin, ma Fauvette !
N'empêche, c'est vrai que c'est triste d'assister à la disparition des petits commerces, mais d'un autre côté, le prix d'un steack chez le boucher ou d'un galette des rois chez le boulanger est exhorbitant ! La qualité ne justifie pas un tel écart de prix entre les artisans et la grande distribution. Un pâtissier me confiait que ses gâteaux lui rapportaient plus de 5 fois le prix de revient.
Alors voilà, à trop être gourmand ...

Ecrit par : Fiso | 13.01.2008

En même temps, kan un vendeur de boudin de chez Leclerc fait une dépression nerveuse, il nous appelle pas non plus la semaine d'avant...

Bonne dégustation.

Ecrit par : wajdi | 13.01.2008

Hmmm, j'ai l'impression que le mal est plus profond que tu ne le dis. Dites-moi, le boudin blanc, ça évoque quoi pour vous, Mme Fauvette ?

Ecrit par : karmara | 13.01.2008

A la campagne, départ à la retraite ou mise en faillite de toute façon les petits commerces disparaissent peu à peu, je vais de plus en plus loin et bientôt je me retrouverai dans le parking du super marché comme en ville

Ecrit par : maevina | 14.01.2008

Je suis comme toi, très perturbée par ces petits abandons d'un univers familier et rassurant.
Bientôt nos rues seront occupées par des banques, agences immoblières et assurances...
Berk !

Ecrit par : Rosa | 14.01.2008

Un commerçant qui part sans que son commerce soit repris, c'est qu'il a pas pu vendre son fonds de commerce...ça peut expliquer qu'il ait un peu le blues, s'il comptait dessus pour sa retraite, et qu'il préfère partir en douce que de parler de ça avec tous ses clients.

Ecrit par : mc | 14.01.2008

Oui, c'est comme ça qu'un quartier tombe en quenouille, quand tous les commerces utiles disparaissent au profit de fringues m**diques, d'agences immobilières, ou de travail temporaire.
Jusqu'à il y a dix ans, j'habitais près de la Gare du Nord où j'ai vu peu à peu tous les 'vrais' commerçants disparaître. Sans un mot...
Ca, c'est la désertification du tissu urbain, ma bonne dame.

Ecrit par : Claude | 14.01.2008

Eh oui, je suis aussi désespérée que toi du départ de la charcuterie Gros-Sourcils (quelle savoureuse appellation). Je n'ai pas été prévenue, moi non plus. Cela semble d'ailleurs être une habitude, rue Mouffetard, que de disparaître sans crier gare. Il y a quelques années, le boucher du bas à gauche (en descendant, bien sûr, car dans le quartier, on "descend" rue Mouffetard même si, géographiquement, on y monte...) avait fait la même chose. Aujourd'hui, je vais à la boucherie Chevy parce que j'y ai retrouvé un des employés que je connaissais. Mais, de toute évidence, ce n'est pas la même chose. Je n'allais pas souvent chez Gros Sourcils car, à la maison, nous sommes de piètres consommateurs de charcuterie et de viande, mais tout de même, nous abandonner comme ça, c'est terrible. Et alors imagine si Chantal (la marchande de café) nous fait le même coup...

Ecrit par : Stella | 15.01.2008

Je te comprend : c'est tellement BON le boudin blanc !

Ecrit par : Hélène de l"ile maurice | 15.01.2008

A Clichy, généralement, les commerçants préviennent. Il n'y a guère que mon marchand de journaux (que je ne connaissais que depuis 2 ans, mais qui avait pris la peine de disposer du "Matricule des anges" exprès pour moi) qui s'est eclipsé durant "la trêve estivale" et dont j'ai dû piger toute seule (quel effort !), ne les voyant pas partir après l'été, qu'ils étaient là pour durer.

Ecrit par : gilda | 26.01.2008

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