16.12.2007
Madame F. des Marais
Ma grand-mère savait tout faire dans la maison. Rien ne se perdait, tout se transformait. Les vieux draps devenaient des torchons, elle savait nous coudre un manteau auquel elle ajoutait un col en lapin de ses lapins. Ma mère n'avait pas été préparée aux routines ménagères, et n'était pas de ces femmes qui vous retournent un col de chemise usé ou reprisent les chaussettes. Après le décès de Grand-mère, Suzanne se chargea longtemps du linge, mais lorsqu'elle ne vint plus mon père fit appel aux services de Madame F. qu'il connaissait depuis leur enfance. Nous allions lui apporter les vêtements à retoucher ou raccommoder.
Madame F. vivait dans un hameau à environ 2 km de notre petite ville. Le Hameau du Marais ! Le Hameau du malheur... Pas au bout du monde, non, en plein marais, huit maisons au milieu des roseaux et des peupliers, et de rien. On y accédait en quittant la départementale, puis on suivait un chemin de terre pendant plus de 800 mètres, et c'était là. On sentait que tout était possible, surtout le pire, que l'on avait basculé dans un autre monde, de misères, de souffrances, de rancune...
On disait que Madame F. avait un caractère de cochon, que c'était une sauvage, que son mari qu'elle battait s'était sauvé la laissant avec leurs deux enfants en bas âge.
Ce qui est sûr, c'est qu'elle vivait seule avec ses deux enfants dans une maison à peine meublée, et se débattait et se débrouillait fièrement. Elle faisait peur aux gens ce petit bout de femme d'un mètre quarante-cinq avec sa grosse voix rauque, ses cheveux tirés et attachés, et son aplomb. Vêtue d'une blouse ceinturée avec une ficelle, ou d'un vieil imper, les bottes au pied, elle ne cherchait pas à séduire.
Elle produisait, vendait et troquait tout ce qu'elle pouvait : légumes, volailles... Tout poussait sans engrais, bien trop cher, Madame F. pratiquait le bio sans le savoir. Elle exécutait aussi des petits travaux à domicile. Elle s'y connaissait en rapiéçage, rafistolage, et trouvait toujours une solution pour faire durer le vêtement.
Lorsque mon père distribuait l'Huma le dimanche matin, (c'est lui l'inventeur du "concept" de la presse gratuite), il passait bien sûr au Hameau. Madame F. bien que sans doute sympathisante l'asticotait :
- sont marrants tes copains du Parti Pierrot, alors comme ça ce qui m'appartient, appartiendrait aussi à mon bon à rien de voisin ? Et puis quoi encore ? Je voudrais bien voir ça.... Tssss.
Mon père ce grand bavard restait silencieux, et la laissait dire. C'est pour causer hein disait-elle en se marrant.
Récupérer nos affaires n'était pas une mince affaire : il fallait se plier à tout un rituel. Cristobal mon frère nous racontait : Madame F. était dans son arrière-cuisine souvent en train de plumer une volaille, les plumes volaient dans la lumière c'était joli, elle en avait plein les cheveux. Elle le regardait les yeux plissés et commençait de sa grosse voix :
- Dis-donc, j'ai entendu la sirène hier après-midi, c'était quoi un incendie ou un accident ?
- Euh, ben...
- Ah bon, moi je me suis dit 2 coups c'est le feu ! Et le grand Guy il est toujours pompier ?
- Sans doute,
- Ah autre chose, le père T. est bien malade il paraît... C'est qui son médecin, pas le Dr. F. au moins, c'est un trouillard il envoie tout le monde à l'hôpital.
- En fait, je...
- Tiens samedi, j'ai entendu les cloches, elle était belle la mariée ? T'es allée la voir sortir de l'église ? C'était la fille de B., elle est pas enceinte au moins ?
- Non, mais en fait...
- Comment ça, tu sais pas ? Je vais te dire une chose mon petit bonhomme :
Ce n'est pas la peine d'habiter en ville pour ne rien savoir !!!
Et vlan. Elle aurait mieux fait de lui parler des bals de campagne, de ses copains et des filles, elle aurait été mieux renseignée ! Malgré sa vie solitaire, elle s'intéressait aux autres, et n'aurait pour rien au monde raté le feu d'artifice du 14 Juillet, sa grande sortie de l'année.
Madame F. venait en ville de temps en temps. Pas par la route non. Elle traversait les marais, les champs à pieds, et rejoignait le centre ville les jours de foire ou de marchés, ou pour ses livraisons. Je pense pourtant qu'elle avait un vélo mais elle ménageait l'usure des pneus. Elle passait nous voir de temps en temps, toujours bien accueillie par ma petite soeur trisomique Marie-Claire. Car elle avait ses têtes Marie-Claire, et ne se gênait pas pour l'exprimer ! Remarquez elles étaient toutes les deux de la même taille, cela doit créer une connivence !
J'ai revu Madame F. en décembre 1979, elle était venue saluer mon père sur son lit de mort. Tard le soir, après 22 heures, un petit coup sec à la porte qui s'ouvre, on ne voit rien, puis une main, et cette petite dame venue à pieds des marais, sa lampe à la main. Elle est allée voir mon père, et toujours bourrue mais émue, elle n'a pas pu s'empêcher de l'engueuler une dernière fois : Ah tu n'aurais pas pu faire attention, vieux sot, te faire tuer par un camion, c'est malin.
Et elle est repartie, Au revoir la compagnie ! Je l'ai vue disparaître dans la rue noire... Quelle bonne femme...
Je l'ai hélas, rencontrée une dernière fois le 24 décembre 1990, le jour de ses obsèques, et de celles de ma petite soeur Marie-Claire. Le journal local s'était trompé dans les horaires. A 14 h 30 l'église s'est remplie de personnes venues pour "La Petite". Oui mais laquelle, celle des Marais, ou la petite de Greta ? Le pauvre curé était perdu, et regardait le va-et-vient dans l'église, les fleurs se mélangeaient... Les gens chuchotaient, s'agitaient...
C'est ce Noël-là que nous avons enterré les deux petites. Vous pensez bien que je m'en souviens.
11:30 Publié dans Chroniques familiales | Lien permanent | Commentaires (49) | Envoyer cette note



Commentaires
J'aime bien lire tous tes souvenirs même si la fin est parfois triste. Bon dimanche.
Écrit par : tajmahal17 | 16.12.2007
Quel sacré personnage vivait dans ce Hameau du Marais. Tu campes Madame F. d'une façon qui ne peut que faire aimer cette bougonne au coeur tendre. Je la vois plumer une volailles, dans sa blouse tenue par une ficelle. Un tempérament qui me rappelle aussi ma grand-mère.
Et au-delà de la tristesse, quel bel hommage que celui rendu en commun aux deux Petites, celle des Marais et celle de Greta, ces deux petites qui se comprenaient si bien.
Un appel à la tolérance et à l'amitié en ces jours de Noël.
Écrit par : meerkat | 16.12.2007
quel étrange coïncidence ces deux enterrements ! noël approchant tu nous les fais revivre par ton récit joliment écrit et si émouvant .
Je te souhaite un bon dimanche .
Écrit par : BoutouCoat | 16.12.2007
Tranhe de vie et bout de souvenir
très belle évocation
j'y étais, presque
Écrit par : laparhasard | 16.12.2007
Croquis à la plume vive et enlevée, plume de Fauvette...
Écrit par : anita | 16.12.2007
Fauvette tu as un grand talent. Ce texte est comme la dame que tu dépeints, simple, un peu bourru, et vlan, on en prend plein la gueule.
On en sort les yeux humides.
Écrit par : Christian | 16.12.2007
Tu sais nous les rendre vivantes et je ne suis pas certaine que Noël soit ta fête préférée...
Écrit par : heure-bleue | 16.12.2007
quel récit touchant...et chaleureux, chère Fauvette...
Emue en lisant la fin
Si bien raconté...
Écrit par : Coumarine | 16.12.2007
Quel bel hommage Fauvette ! Le romanesque de la vraie vie, avec ses choses pas gaies qui ne sont pas tristes non plus dès lors qu'elles se parent de la tendresse de tes mots.
Écrit par : Otir | 16.12.2007
Ton billet est émouvant au-delà des mots... Décembre chargé de souvenirs...
Écrit par : Valérie de Haute Savoie | 16.12.2007
Et voilà, tu nous embrumes les yeux... Elle est belle, ton histoire, cette fin inattendue qui te relie à elle à jamais, mais ce qu'elle dit de la capacité qu'ont les humbles à se construire contre vent et marée une fierté, qui leur donne le droit de nous toiser. C'est une belle illustration de la dignité humaine. Avec en arrière plan cette époque où on militait et où cet engagement était une précieuse perche à laquelle se raccrocher... Remarquable.
Écrit par : Oh!91 | 16.12.2007
ton billet ressemble à une nouvelle de Maupassant : la fin est bouleversante : le chagrin, le destin et ta douce pudeur.
Écrit par : Miss Zen | 16.12.2007
Personnage étonnant et haut en couleurs ! et ce lien émouvant qui la relie à toi ! merci de ce partage de vie.
Écrit par : martinecarol | 16.12.2007
Et quel décor ! Ce marais, ces roseaux... Digne de l'émotion que tu suscites.
Écrit par : Oxygène | 16.12.2007
Je en vivais pas près d'un marais, mais j'ai croisé des vieilles qui ressemblaient à ta Madame F quand j'étais petit. Ces vieilles femmes qu'on aimait faire comme si elles étaient des sorcières vivant dans une maison de pain d'épice. C'était en banlieue, une banlieue qui n'existe plus, des vieilles qui n'existent plus j'ai l'impression… Même les vieilles ne sont plus ce" qu'elles étaient en fait… A moins que ce ne soient nous qui ayons grandi…
Écrit par : Gilles Aitte | 16.12.2007
On a presque froid, presque peur en marchant à tes côtés jusqu'à la vieille masure de Madame F. Tu nous éclaires le chemin mais quand nos pieds s'enfoncent un peu trop dans la boue et que les chauve-souris nous frôlent, on s'agrippe un peu plus à ton bras et on te fait confiance, toi seule connais le chemin jusqu'à ces souvenirs-là.
Merci, Fauvette, et courage pour cette période qui doit t'affecter.
Écrit par : telle | 16.12.2007
Ah Fauvette, merci. Encore une de tes belles et émouvantes histoire.
Écrit par : Claude | 17.12.2007
Tout est dit Fauvette, tout est écrit, du Maupassant, un conte de Noël comme il peut en exister...
Je suis né un 24 décembre...
Ce jour là deux étoiles supplémentaires illuminèrent le ciel !
Merci
Écrit par : Maky | 17.12.2007
Oh Fauvette...je vais moins écrire mon impatience en pensant à toi.
Écrit par : mab | 17.12.2007
Comme un conte de noël qui rajouterait deux étoiles au ciel.....
Bien jolie façon de raconter, comme d'habitude ! Merci !
Écrit par : liaht | 17.12.2007
Ta plume de Fauvette chante toujours si bien !
Écrit par : Naya | 17.12.2007
Il y a des personnes, comme ça, qui nous marquent anti-proportionnellement à leur taille.
Oui j'imagine, que tu t'en souviens. Plus le temps passe, plus les fêtes prennent aussi un goût de larmes salées, je trouve...
Écrit par : Anne | 17.12.2007
Qu'elles sont grandes les petites quand tu en parles...
Écrit par : sophie | 17.12.2007
Oui les larmes aux yeux. Joli récit et quelle coïncidence ces deux petites qui partent ensemble. Pour toi non plus Noël n'est pas que de bons souvenirs. Amitiés Fauvette.
Écrit par : tanette | 17.12.2007
Comme il est joli ce post, plein de tendresse....
bises nath
Écrit par : natpointg | 17.12.2007
C'est formidable, la façon dont tu racontes toutes ces tranches de vie. On s'y croirait !!!
Mais si on réfléchit un peu à ce que tu racontes, il y avait une misère différente à celle d'aujourd'hui.
Brel a dit "C'est dur de mourir au printemps", moi je trouve que partir au moment de Noël, pour ceux qui restent, c'est encore plus dur.
Bisous
Écrit par : kipik | 17.12.2007
Tes récits sont toujours beaux et aussi émouvants.
Quel talent et quelle sensibilité chere fauvette !
Écrit par : la JD | 17.12.2007
Comme des personnages de romans, attachants et authentiques. .. Merci pour tes récits si humanistes , on apprécie sois en sûre . Bonne soirée
Écrit par : Chicorée | 17.12.2007
Oui moi aussi j'aime vraiment ces billets qui par bribes font ressortir avec tendresse et émotion ton enfance et ta jeunesse, dessinant peu à peu ce que tu fus et qui tu es...
Et puis de l'un à l'autre ça ricoche... Ce sont tes ricochets à toi...
Merci pour ces beaux textes.
Écrit par : valclair | 17.12.2007
Je suis touchée que vous soyez touchés, je vous remercie tous et toutes.
Madame F. était solitaire, mais je crois surtout qu'elle avait été mise à l'écart, parce que différente, et femme seule. Elle me déroutait un peu, avec ses airs brusques, mais j'ai compris que c'était sa manière à elle de cacher sa détresse et aussi de se défendre.
Je crois que c'était aussi une façon que mon père avait de me faire comprendre ce qu'il entendait par tolérance et partage.
En fait Heure-Bleue, c'est vrai je ne raffole pas de Noël mais plus à cause du côté excessivement marchand et la pression sociale autour. Mais je sais que des gens sont très heureux aussi à cette période, et je les comprends.
Je vais l'écrire : c'est tout le mois de décembre qui m'attriste, j'ai même un peu peur de ce mois ! C'est le mois où se sont succédés trop d'enterrements : mon père, ma mère, mon frère et ma soeur. Et l'année dernière mon amie Iris... Alors oui j'aimerais bien être directement en janvier !
J'ai aimé écrire ce billet, vraiment beaucoup aimé, c'est cela aussi le cadeau des mes Petites ! Il est de saison non ?
Écrit par : Fauvette | 17.12.2007
J'ai toujours autant de plaisir à te lire raconter la vie de tes proches et de tes "moins proches". Tu fais mouche à chaque billet. Je suis vraiment touché.
Écrit par : Chondre | 17.12.2007
Oui, ton billet est "de saison"... ô combien juste, émouvant, sans concession, comme les vies d'alors ! Comme toi.
J'ai déjà l'imagination galopante quand je traverse le Marais : dorénavant, ton passé s'y dessinera, à ta ressemblance. Et je l'aimerai un peu plus...
Bonne nuit Fauvette !
Écrit par : gazelle | 18.12.2007
c'est beau!! c'est émouvant!! et les fleurs qui se mélangent pour ces deux petites, grandes à leur manière!!
merci Fauvette!
Écrit par : turitelle | 18.12.2007
c'est cette plume là que j'aime chez toi!
chère fauvette on aimerait que pour tout le monde décembre soit un mois de paix pourquoi... pour garder cette âme d'enfant ... mais quand il a été triste une fois, il y a un mélange de sentiments...
merci fauvette..
Écrit par : dite | 18.12.2007
j'adore ce texte dont les images viennent se supperposer à plusieurs bonnes femmes que je croise ici!
Écrit par : mae | 18.12.2007
Quelle façon de camper un personnage qui en dessine un autre en filigranne! C'est très beau : touchant sans mièvrerie.
Écrit par : auteure | 18.12.2007
Aujourd'hui, les habitudes de consommation privilégient les déchets au recyclage !
Écrit par : Tietie007 | 18.12.2007
Super. tellement vrai en plus !
Bonnes fêtes de fin d'année.
Écrit par : parisgotte | 18.12.2007
Merci pour ce texte, mais il faut que j'arrête, depuis Samedi, j'ai les yeux humides tous les soirs!!!!
Écrit par : dany | 19.12.2007
Très touchant et chaleureux, Noel te rappelle de bien mauvais souvenirs
Bisous fauvette
Françoise
Écrit par : francoise oleron | 19.12.2007
très beau et émouvant récit
je pense à toi
Écrit par : Françoise Del | 19.12.2007
Moi non plus je n'aime pas beaucoup décembre (du 5 décembre au 7 janvier, disons), mais comme tous tes autres lecteurs, moi aussi je suis très, très ému par ton récit.
Écrit par : Pablo | 19.12.2007
Un bien joli récit, en effet, magnifiquement écrit...
Écrit par : Jean-Pierre | 19.12.2007
A chaque fois que je te lis je repense à ton hésitation à ouvrir un blog ! Tu nous aurais beaucoup privés même si on ne l'aurait jamais su !
Je t'embrasse bien fort.
Écrit par : Madeleine | 19.12.2007
Fort étonnée par la présence de ces marais, n'en ayant jamais fréquentés, je mets mes pas dans ceux de Madeleine, pour dire combien ce texte est émouvant et évocateur...
Je me fais un de ces cinémas en lisant tes billets, je vois ces personnages évoluer comme sur un écran ! Mais je n'oublie pas que ce sont, ce furent aussi de vraies "personnes" et mon coeur se serre en pensant à Marie-Claire (et je "revois" par tes yeux le cou de Marie-Claire, dans la voiture familiale, depuis l'arrière où tes lecteurs se sont installés à côté de toi)...
Écrit par : samantdi | 19.12.2007
D'un point de vue strictement narratif j'aurais séparé le récit du linge de celui du lien entre les deux "petites" de leur connivence à leur enterrement commun, un peu comme en photo on recadre pour donner plus de force (cf. un travail de Milky
http://www.fotolog.com/m_i_l_k_y/46710915 ).
Ça n'enlève rien à la qualité du témoignage, à l'évocation d'une existence, à la personnalité que pour nous tu refais vivre et qui semble si caractéristique de gens qu'on croisait encore au siècle dernier et qui se font si rares (serions-nous tous si bien formatés ?). Je trouve très belle l'idée d'une cérémonue d'enterrement partagée, même si ce n'était pas exprès. Elles seront parties moins seules et leur connivence aura ainsi durée jusqu'au bout.
Écrit par : gilda | 20.12.2007
... et ton petit cadeau se prolonge. je fais quelques "Best off" sur mon blog pendant Noël. Si tu n'y vois pas d'incovénients, je vais reprendre ce magnifique portrait. Je le posterai le 25, dans la nuit... Joyeuses fêtes.
Écrit par : Oh!91 | 24.12.2007
Oh91 : merci, je n'avais pas vu ton com. n'ayant pas accès à internet durant quelques jours.
Écrit par : Fauvette | 01.01.2008
Qu'est ce qu'elle est belle ton histoire...
Je découvre un peu chez toi, je visite comme on dit, et j'aime...
Mais, quand même, qu'est ce qu'elle est belle ton histoire...
Écrit par : M. | 20.01.2008
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