21.11.2007
Dans l'ascenseur
Le matin lorsque je pars, j'emprunte l'ascenseur, et parfois j'ai un choc en me voyant dans le miroir. Je me vois, mais je vois aussi mon frère Cristobal... Une impression étrange, furtive mais réelle. Le regard, la forme du visage, l'expression, tout nous lie et nous rapproche. Je crois que de mes quatre frères et trois soeurs, c'est à lui que je ressemble le plus.
Je me demande si lui ressent de temps en temps ces petites secondes de flottement, et de triste tendresse, je ne sais pas, nous n'en n'avons jamais parlé.
D'ailleurs, nous ne parlons peu, nous ne nous voyons pratiquement jamais, mais pourtant nous ne sommes pas fâchés, éloignés simplement.
Nous étions très proches et complices étant enfants, nous avons deux ans d'écart. Puis le temps s'est écoulé, et chacun s'est dirigé vers sa propre vie. Et cahin-caha, s'est construit son petit abri, en essayant d'oublier les années noires de notre enfance commune. Et nos contacts se sont effilochés, nous avons laissé faire, les uns et les autres. Avec de temps en temps des sursauts, des tentatives...
Je sais c'est difficile à comprendre de l'extérieur ce que sont devenus nos liens familiaux. Mais vous ne vous voyez qu'aux enterrements nous avait dit notre Cousin Jean lors des obsèques de notre mère il y a huit ans. Et il avait raison bien sûr.
Nos souvenirs communs devraient sans doute nous souder et nous aider, mais non c'est le contraire. Chacun a gardé sa souffrance, essayant d'enfouir ses souvenirs ou de les analyser et les évacuer en se faisant aider. Le résultat est le même, nous sommes tous loin les uns des autres, et incapables de vivre une vie commune, d'être une vraie fratrie. Enfin, je veux dire une fratrie qui se fréquente, organise des rencontres, fête des anniversaires... Une famille quoi.
Et pourtant nos liens existent, l'affection aussi. Mais nous n'arrivons pas à sortir de cette enfance cabossée.
Je suis orpheline de mes parents, mais souvent je me sens une sans famille, même si je suis issue d'une famille nombreuse. J'aurais sans doute dû, oui j'aurais sans doute dû... Si j'avais pu. Si j'avais trouvé la force...
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Commentaires
Fauvette, quel que soit le temps écoulé, tu restes un membre de cette fratrie.Tu sais, il n'y a rien de plus facile que de se rapprocher. Alors n'hésite pas à reprendre contact avec ton frère pour un moment de retrouvailles. Vous en serez heureux l'un et l'autre.
Ecrit par : Oxygène | 21.11.2007
Tu es comme moi, j'ai un frère et ne le vois qu'une fois par an, sommes éloignés, et lui n'aime pas téléphoné, donc pas de nouvelles, c'est pas grave, les sentiments sont quand même là....
Bisous
Françoise
Ecrit par : francoise oleron | 21.11.2007
Et dire qu'on dit souvent famille nombreuse, famille heureuse...
Ecrit par : Chondre | 21.11.2007
J'ai une vraie relation avec un de mes frères, nous nous voyons régulièrement au moins trois fois par an, mais je crois que c'est parce que je m'entends particulièrement bien avec sa compagne. Avec mon petit frère j'avais une grande complicité jusqu'à ce qu'il rencontre sa femme qui l'a éloigné de la famille et puis il y a ma soeur avec qui cela n'a jamais marché ;)
On se créé une autre famille lorsque l'on quitte celle d'origine, on garde la sienne dans un coin, mais j'ai toujours été assez étonnée de voir certaines grandes fratries organiser de gigantesques fêtes où tous le monde se retrouve (franchement je crois que cela m'emmerderait)
Ecrit par : Valérie de Haute Savoie | 21.11.2007
Tout simplement émouvant !
Ecrit par : Christian | 21.11.2007
je te comprends Fauvette car je n'imagine pas la vie sans mes soeurs
bien amicalement
Ecrit par : Françoise Del | 21.11.2007
Comme c'est triste ce que tu nous dis là. Un jour peut-être!!!
Ecrit par : mab | 21.11.2007
Les relations de fratrie sont souvent extrêmement compliquées et quand on a des souvenirs durs à évacuer...
Je crois que je te comprends.
Et puis il y a des moments dans la vie où ce qui compte, c'est ce qui a été, pas ce qui pourrait éventuellement être, non ?
Ecrit par : Anne | 21.11.2007
je suis issue d'une fratrie de 4, dont un frere de 12 mois de plus que moi. Nous aussi nous avons eu une enfance cabossée, je suis trés proche de mes deux freres ainés, mais avec le dernier, celui avec lequel j'ai traversé les épreuves de l'enfance main dans la main, nous sommes presque des étrangers vis à vis de l'autre, même si l'amour est là.....
Ecrit par : la JD | 21.11.2007
Tu racontes comme si tout était figé dans le marbre, comme si la fin était inéluctable, je pense que tu te trompes. Il n'est jamais trop tard pour renouer des liens. Il ne tient qu'à toi, qu'à vous d'ouvrir un nouveau chapitre. Mais encore faut-il en avoir l'envie et le courage.
Ecrit par : 4largo | 21.11.2007
Tout dépend tellement des familles, de leur vécus... Il ne fat pas de regret, d'abord parce qu'effectivement, vous pouvez vous retrouver. Ma mère a retrouvé toute la complicité qu'elle avait petite fille et ado avec un de ses cousins qu'elle avait perdu de vue à cause de la femme de celui-ci.
Et parce que de toute façon, la vie est ainsi faite. Et qu'on n'y peut pas grand chose.
Bises
PS : hier, c'était très bien. Juste un peu galère pour y aller et en revenir. Mais c'était très bien. Je peux pas le raconter, j'ai plus de blog, mais je me le note pour plus tard :-)
Ecrit par : akynou | 21.11.2007
Tout ce que tu viens d' écrire .....je pourrais le dire ! comme c' est étrange de lire ici tout mon ressenti ......passé .
Car, nous commençons petit à petit à nous retrouver , c' est tout récent .....tout neuf et, je savoure .
Sept dans la fratrie.....une enfance cabossée comme tu dis ....chacun a fait comme il a pu mais , je pense avec au fond de nous beaucoup d' amour et, malheureusement beaucoup de non-dit .
Le temps perdu ne se rattrape pas mais, il était nécessaire pour se reconstruire ou tout simplement pour se construire , ce qui était mon cas .
Fauvette...parfois c' est simple comme un coup de fil ...
la nouvelle année approche .........
Grosses bises ( j' en ai les larmes aux yeux tellement je suis émue par ton billet ) .
Ecrit par : azelys | 21.11.2007
Ah, la famille, quel étrange machine ! Je suis à l'origine une fille unique et j'ai autant de soucis avec ma famille. Celui qui m'a servi de père était mon oncle. Celle qui fut ma vraie mère était ma grand-mère. Ma mère est inexistante et mes demi-soeurs ne m'appellent que lorsqu'elles ont besoin de quelque chose. Autant te dire qu'en ce moment, avec mon porte-monnaie raplaplat, je n'ai aucune nouvelle.
Saches que tu possèdes l'essentiel : l'affection. Même non-dite, elle est une vraie richesse. Lorsque l'affection s'en est allée, là, on est vraiment seule.
Ecrit par : Stella | 21.11.2007
même si ma fratrie est moins imposante que la tienne (nous sommes 5 quand même), je ne peux m'empêcher de lire chez toi des éléments qui me correspondent. Nos relations sont globalement bonnes même si on ne se voit pas si souvent. On a chacun nos vies, certains sont très proches, d'autres moins. Et tout dépend de l'échelle de temps d'observation, on peut s'éloigner un temps (avec ma soeur en ce moment) mais ce n'est pas un éloignement définitif. Ce n'est pas les enterrements qui nous rapprochent car même pourla famille, on n'y va pas, mais on se retrouve lors de fêtes, pas toujours (j'ai zappé les dernières parce que je suis pas fan du genre, je vais aux prochaines car j'étais dispo). On maintient des liens sans vraiment se voir, quand on a besoin des autres on est là, j'y trouve un équilibre pas désagréable, avec peu de contraintes en fait.
Ecrit par : Gilles | 21.11.2007
Merci à tous.
Depuis ce matin, je me disais tu n'aurais pas dû publier ce billet, trop perso, et puis on va encore te dire que "tu veux faire pleurer dans les chaumières..."
Et maintenant, je découvre et lis vos com. et je suis émue par votre gentillesse...
Oui, rien n'est figé, définitif et heureusement. Je précise que mes belle-soeurs (ex et en cours) n'ont jamais été un obstacle, au contraire.
Vous avez raison l'affection existe, elle est réelle, et c'est déjà une grande chance.
Merci encore.
Ecrit par : Fauvette | 21.11.2007
ton très texte est touchant..
j'ai une sœur, très différente de moi.
après avoir été fâchées pendant des années nous nous voyons maintenant une fois par an;
c'est moi qui ait provoqué la "réconciliation" alors que c'était elle qui avait provoqué la rupture.
j'évite quand je la vois les sujets qui posent problème (et il y en a plein, y compris nos choix politiques), je suis joyeuse, je plaisante, nous passons un bon moment.
c'est ainsi car nos parents vieillissent et put-être qu'un jour, nous devrons, ensemble les aider à vivre ( je ne parle pas du point de vue matériel) et alors j'aimerais qu'avec ma sœur les choses soient faciles et non pas disputes continuelles.
Parfois j'ai une petite bouffée de tendresse pour elle, mais c'est rarissime.
c'est quelqu'un de dur, qui affiche une ironie souvent méchante.
notre enfance nous pèsent à toutes les deux, mais nous régissons différemment
par contre j'aime beaucoup ses enfants qui sont très amis avec les miens
Ecrit par : céleste | 21.11.2007
ton message est émouvant...
Une fratrie n'est pas toujours un lieu d'amour même quand l'enfance n'a pas été cabossée.
Il est fréquent de s'éloigner après l'adolescence quand chacun suit son chemin. Les retrouvailles à l'âge adulte passent souvent par la reconstruction de liens entre les uns et les autres, pas toujours semblables à ceux qui'ls ont été durant l'enfance.
Méfie-toi des impressions de bonheur données par des familles très unies...Il y a souvent des conflits larvés depuis l'enfance et très douloureux, qui éclateront à un moment-donné, ou pas et se transformeront alors en différentes maladies.
Ecrit par : saperli | 21.11.2007
J'ai lu ton texte avec beaucoup d'émotion... j'ai aussi lu, un peu en diagonale, les commentaires, et je suis d'accord avec plusieurs de de ceux-ci, je pense que tu pourrais essayer de renouer. Non rien n'est figé, non tout n'est pas perdu. Car on sent une réelle souffrance dans ce billet... et mon dieu comme le temps nous glisse entre les doigts... et quelle angoisse d'avoir un jour le regret de ne pas avoir forcé le destin, fait le premier pas... Et vraiment si ton frère éprouve pour toi la même tendresse que toi pour lui, je crois que pourraient avoir lieu de belles retrouvailles.
Bisous et amitiés.
Ecrit par : Pralinette | 21.11.2007
Des fois, il faut que les choses se disent n'est-ce-pas ? ;) Et surtout sur un blog parce que c'est un peu là pour ça aussi. Entre culpabilité et mauvais souvenirs, l'autre avec qui on a vécu de durs moments réveille toujours les monstres de notre inconscient. Il n'y a que la parole sans retenue, la solidarité aussi qui peut dénouer cela mais bien sûr ce n'est pas facile à faire, souvent impossible même. Après toutes ces années, je suis heureuse d'avoir pu créer ma propre famille unie et je plains ma soeur qui n'a pu que reproduire avec ses enfants ce que nous avions subi dans notre enfance.
Ecrit par : Naya | 21.11.2007
Yu touches un point sensible chez moi, non parce que je vis la même chose que toi, mais parce que je vis l'inverse. Je suis très proche de mes frères et soeurs (je suis même en coloc avec mon petit frère).
J'ai senti des regrets dans ton billet, moi aussi, et comme Pralinette, je pense que tu pourrais renouer les liens, en disant à ton frère, en substance, ce que tu écris là.
Juste tes sentiments, pas de reproches. Parce que le temps passe et qu'un jour, il est trop tard et alors, on est en proie aux regrets les plus amers "J'aurais dû ..."
Plein de bises
(j'aime bien moi quand tu écris perso !)
Ecrit par : Fiso | 21.11.2007
L'homme a 3 soeurs, depuis que leur mère est morte, plus de contacts entre eux même lorsque le Bibelot a eu son cancer, je trouve ça étrange quoique les liens avec mes deux soirs sont aussi effilochés, tu vois, tu n'es pas seule...
Ecrit par : heure-bleue | 21.11.2007
Je partage la méfiance de saperli sur les familles apparemment très unies...
Si l'affection que tu éprouves envers ton frère peut être entendue par lui, alors dis là, parce que cela n'est jamais perdu. Mais le vivre ensemble est compliqué quand chacun a souffert dans son coin. Qu'est-ce qui, dans les multiples aspects d'une vie (manger, parler, pleurer, rire, se disputer au sujet d'une recette de cuisine, peigner la girafe...) nous fait sentir "être ensemble" "faire famille"? C'est différent pour chacun, même au sein de la famille nucléaire.
Peut-être peux tu juste commencer par dire à ton frère que tu aurais du plaisir à le voir pour un de tes anniversaires, pour un des siens, au moins de temps en temps?
Ecrit par : anita | 21.11.2007
Liens effilochés chez moi aussi..... contacts episodiques sans grand-chose à se dire..... mais de l'affection malgré tout, un peu par habitude, un peu par paresse....
Mais comme le disent les autres, rien n'est jamais inéluctable....
Ecrit par : liaht | 21.11.2007
Je me retrouve énormément dans ce que tu écris...
Je suis l'aînée d'une famille de 9 (2soeurs 6 frères dont un s'est suicidé)
En fait chez nous les liens existent par petits groupes liés beaucoup à la proximité géographique
de temps en temps des rassemblements : c'est toujours moi qui rassemble...
MAIS j'ai créé quelque chose qui marche SUPER bien !
un blog ! Sur hautetfort, fermé...là tout le monde se lâche, c'est du délire et ça fait du bien
Tu devrais essayer...
Quant à la ressemblance, tu as de la chance de voir un frère
moi je vois la tête de ma mère et ce n'est pas réjouissant...
Ecrit par : Rosa | 21.11.2007
On ne choisit pas sa famille...Elle est là.
On y adhère ou pas, il n'y a pas de fatalité, ni de devoir absolu. (J'entends pour les lignées horizontales)
Par contre on choisit son épouse ou son époux, mais pas non plus sa famille, alors ça fonctionne ou ça ne fonctionne pas.
Il n'y a pas à se formaliser sur ce sujet.
Ecrit par : Maky | 21.11.2007
Fauvette, comme j'ai envie de t'embrasser sur les deux joues !
Le lien existe, qu'il soit ou non revivifié par des anniversaires et autres festivités. Pourquoi faudrait-il à tout prix se fixer à ses frères et soeurs ? Je m'éloigne d'une de mes soeurs, me rapproche de l'autre... mais les vois rarement l'une et l'autre.
Peut-être faut-il considérer que vous ne souhaitez pas revenir sur vos enfances et que vous voir vous obligerait à admettre certaines choses ?
Bises
Ecrit par : telle | 21.11.2007
une seule soeur - écart de génération - pas les mêmes valeurs - avalée par sa belle famille et moi par l'écriture - en quelque sorte perdue de vue.
(et qui ne me manque pas contrairement à celle avec qui je me sentais en grande fraternité et qui a disparu du moins affectivement parce que géographiquement on persiste à se croiser souvent c'est même étrange à ce point).
solitudes ...
Ecrit par : gilda | 22.11.2007
Il en est de même pour tant de familles, qu'il est difficile de te répondre
Le commun qui pourrait relier toutes ces différentes et mêmes histoires est bien évidement l'enfance, qui bien que différentes elles aussi, laissent et creusent des gouffres et des sillons similaires en beaucoup d'entre nous
Etrange que les enterrements soient les seuls endroits qui parviennent a réunir les membres d'une même famille....non ???
Ecrit par : SanAntonio | 22.11.2007
Très touchée de tes mots, chère Fauvette. La famille, quelle alchimie étrange, et les frères et soeurs (pour moi que des soeurs) sont parfois des amis que l'on aurait choisi même sans ce lien, parfois des étrangers avec qui on aura cohabité quelques années...
Je crois qu'il ne faut surtout pas culpabiliser. Il n'y a aucune "faute" à laisser les liens se distendre. Et puis la roue tourne, on se retrouve parfois sur des chemins inattendus.
Je t'embrasse
Ecrit par : Traou | 22.11.2007
Bisous et bonne journée de jeudi
Françoise
Ecrit par : francoise oleron | 22.11.2007
Il y a toujours cette impression que c'est mieux dans les autres familles ! Il y a toujours des regrets ... Je n'ai pas de solutions Fauvette !
Ecrit par : Madeleine | 22.11.2007
(j'ai essayé de commenter tout à l'heure mais je crois que cela n'a pas marché)
Je disais que je pensais justement écrire un billet sur les (ma) fratries. En effet, une amie me disait il n'y a pas longtemps en voyant la teneur de ma relation avec mes frères (alors qu'ils sont loin) "c'est fou parce que je te vois et je t'entends parler de tes frères et je me dis que mes parents ont tout réussi avec leurs enfants, sauf nous transmettre la notion de fratrie"...
Du coup je me suis demandée si les parents devaient aussi apprendre à leurs enfants à tisser des liens qui les lient entre eux.
Ecrit par : dja | 22.11.2007
Voilà, j'habite ici maintenant : http://www.akynou.fr/racontars/index.php
Ecrit par : akynou | 22.11.2007
La fratrie... Des liens indéfectibles et pourtant! Comme cette relation "fraternelle" peut-être complexe... Elle est le terrain de tellement d'enjeux affectifs, dont on est souvent victime à son corps défendant. Et puis, un frère ou une soeur ne nous renvoit jamais à ce que l'on est mais toujours à celui ou celle qu'on a été. C'est plus ou moins supportable selon la place, le rôle, le statut, qu'on a eu dans sa famille pendant l'enfance. Je pensais cependant que cela devenait plus simple quand les parents ne sont plus, mais ton texte, prouve bien le contraire. A défaut de se voir, c'est déjà beau d'entretenir, comme tu le fais, le sentiment d'amour que tu ressens pour ce frère.
Ecrit par : auteure | 22.11.2007
Mais... ce n'est pas parce qu'on ne voit pas les gens qu'on n'a plus d'affection pour eux ...
Tu as ta vie, il a la sienne...
Un jour, sans doute, vous recommencerez à partager des choses ensemble....
Je t'embrasse très fort
Ecrit par : teberli | 22.11.2007
Vos relations sont comme ça ! je ne crois pas qu'il soit bon de culpabiliser. On a des frères et soeurs, une proximité durant l'enfance et après, on choisit (la vie choisit) de cultiver ou non cette proximité. Mais si un jour ça te manque trop, tu peux faire un petit essai de rencontre. car alors, les regrets peuvent peser lourd. Mais c'est si tu as envie, pas par devoir ou pour guérir d'une culpabilité...
Je t'embrasse
Comme tu sais bien écrire sur nos ressentis !
Ecrit par : martinecarol | 22.11.2007
Comme d'autres commentateurs, je dirai que les choses évoluent, "la vie est longue". Dans la famille de ma mère, ils étaient 7 enfants éparpillés par la pauvreté de ma grand-mère mère célibataire et l'écart d'âge (22 ans entre l'aînée et la cadette). Il y a eu des tas "d'histoires" (évidemment, comment ne pas faire d'histoires quand la sienne est si compliquée et douloureuse ?) entre eux, des fâcheries, incompréhensions, silences, reproches, impression que les uns avaient eu plus que les autres. De belles complicité et de l'entraide, aussi, par moments.
Mais je me rends compte que l'âge venant, les aspérités se sont émoussées et qu'ils sont arrivés à trouver leur solution, pas parfaite, certes, mais qui leur permet de se voir, de se téléphoner, de passer de bons moments ensemble. Je me rends compte que tous y ont mis "un peu quelque chose" : ne plus gratter certaines croûtes, accepter, faire le dernier morceau du chemin en se recentrant sur les choses importantes. Il n'y a jamais eu de grand soir de retrouvailles, seulement de petits gestes, de petits pas qui les ont réunis.
Comme tu le dis, l'affection est un lien très fort.
Je t'embrasse
Ecrit par : samantdi | 22.11.2007
bonsoir Fauvette : merci pour ta visite ... j'ai ma réponse aux attentes familiales innassouvies : braver sa pudeur! cette maudite pudeur des sentiments qui nous empêche, par amour des siens, de se dire nos quatre vérités d'amour, justement, en se parlant à coeur ouvert ... j'en sais quelque chose, il m'a fallu du courage et de la compassion pour oser le faire, hélas pas avec tous, mais quand j'y parviens, quelque soit le résultat, ce que çà fait du bien ! je te le souhaite de tout mon coeur... bises, Tine
Ecrit par : chez tine | 22.11.2007
Tres, tres beau billet - juste et emouvant et je vais faire baisser le niveau avec mon petit message: c'est le premier pas le plus difficile...
Ecrit par : Miss Zen | 22.11.2007
Très sincèrement touchée par ton billet Fauvette. Je suis d'accord avec la plupart des commentaires qui te disent que rien n'est jamais perdu. Bises.
Ecrit par : tanette | 23.11.2007
Cette année, j'ai commencé à vivre ça. L'éloignement avec mon frère, alors qu'on est si proche, si semblable, si "en accord", si peu juge de la vie de l'autre. Et ça ma fait mal, si mal car je l'aime ce frère unique, je voudrais le lui faire savoir mais il y a toujours l'ombre de notre mère qui nous empêche de nous dire, simplement, toutes nos souffrances similaires et si dures.
Je ne sais pas vraiment si c'est approprié, mais je conseille un simple coup de fil pour une invitation à un dîner. (je dis ça, moi qui suis incapable de le faire avec mon frère qui habite tout près !)...
Mille bisous, ma Fauvette.
Ecrit par : Baïlili | 23.11.2007
Jusqu'à ce que je sois malade, je ne voyais ma soeur qu'une ou deux fois par an, alors que nous habitons dans la même ville. Depuis ce printemps, on se rencontre presque chaque semaine. Je crois qu'elle a réalisé que je suis son dernier rempart contre la fuite du temps. Je l'aime beaucoup, mais là c'est trop. J'étouffe. Pourquoi sommes nous passé du rien au tois fois trop? C'est difficile parfois d'apprécier la bonne distance ...
Ecrit par : amaily | 23.11.2007
Voilà peut être pourquoi je ne prends jamais l'ascenseur pour descendre de chez moi. Je considère déjà que mes trois étages sont trop peu pour l'utiliser mais l'image dans le grand miroir qui tapisse le fond peut en être une autre raison. Ma fratrie est malheureusement passée de quatre personnes à trois et j'aurais trop peur, maintenant que je t'ai lue, d'y voir ma soeur y flotter.
Nous avons peu de liens mes frères et moi, sans doute dû à un écart faible entre eux et beaucoup plus grand avec moi, nous n'avons pas eu ces moments communs qui soudent des personnes au moment de l'enfance, malgré mes effort pour y remédier depuis. On choisi ses amis, pas sa famille, telle est ma consolation.
Ecrit par : berlioz | 23.11.2007
Un billet très émouvant. Qui me parle, parce que je n'ai qu'un seul frère mais que nous nous voyons très peu. Nous avons plusieurs fois essayé de renouer, mais ce que l'on a pas vécu en commun, je ne suis pas sûre qu'on puisse le rattraper...
Ecrit par : Claude | 23.11.2007
on pourrait penser que des frères et soeurs, ayant eu une enfance difficile, n'ont pas très envie de se croiser , une fois devenus adultes, pour ne plus remuer tout ça...
mais j'en connais aussi qui sont très unis et solidaires, après une enfance cabossée...
on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille...il faut faire avec ...
prends des initiatives, Fauvette, par rapport à tes frères et soeurs, tu seras peut-être heureusement surprise!
Ecrit par : turitelle | 23.11.2007
Il n'est jamais trop tard ... Une initiative, style un réveillon ( cela a été le cas pour nous) ou autre prétexte peut être révélateur d'un besoin commun de se retrouver même si il a fallu attendre que" l'enfance cabossée"...
Mais si tu ne fais rien, un jour , c'est le regret qui l'emportera ....
Ecrit par : paysanheureux | 23.11.2007
Ce soir je lis beaucoup de billets dans mes blogs préférés qui me donnent les larmes aux yeux, le tien ne rate pas en final...ça sert à ça aussi bloguer, pour moi en tout cas, partager son coeur et ses émotions. J'ai longtemps culpabilisé de laisser s'effilocher les liens avec mes frères et soeurs , de m'inquiéter plus de mes amis que d'eux, puis j'ai compris que c'était la vie et que ces liens là finalement existent éternellement (ma ressemblance avec mon frère que je vois peu est frappante ) .Bonne soirée
Ecrit par : Chicorée | 23.11.2007
Même sujet de note l'une et l'autre : notre frère.
Je sens tellement de regrets et de tristesse dans ta note, je pense Fauvette qu'il est toujours temps d'essayer de renouveller des liens, la vie passe si vite.
Dans notre famille, nombreuse aussi, heureusement les liens sont très forts, cependant il nous arrive comme tous d'avoir des différents, des avis divergents, parfois des disputes, mais une chance pour nous rien ne perdure dans le temps, je pense que nos liens malgré la distance pendant de longues années dans nos vies personnelles sont plus fort que tout, et surtout nous laissons de côté "la rancune", si l'un ou l'autre pour une raison quelconque se fâche et se met à l'écart ça ne dure pas, nous oublions très vite nos différents. Je pense que nous tenons ça de notre petite mère qui n'en voulait jamais à personne.
En effet c'est dommage que votre famille ne soit pas plus solidaire, on ressent cette peine dans ta note. Je t'embrasse petite Fauvette.
Ecrit par : Pénélope | 24.11.2007
je me retrouve un peu dans ce que tu dis bien que mon enfance ait été lisse, je vais téléphoner à ma soeur , tiens! merci!
Ecrit par : mae | 24.11.2007
Une avalanche de commentaires sur ton billet si émouvant ! commentaires que j' ai lu avec beaucoup d' attention me sentant concernée comme je le dis plus haut !
Les premiers jours de 2007 , j' ai appelé mes frères et soeurs et, on aurait qu' ils n' attendaient que çà , je ne les ai pas vus ensemble mais les rencontres se sont échelonnées sur l' année ....que d' émotions et surtout du bonheur !
Nous n' avons pas mêlé nos enfants à ces retrouvailles .....il fallait que celà se passe entre nous ( les conjoints aussi ). Peut-être ne comprendraient-ils pas ? Je pense que nous avions tous fait le chemin nécessaire pour se retrouver .....
C' est le premier pas qui coûte ....à peine lorsque l' on est prêt .
Je t' embrasse .
Ecrit par : azelys | 24.11.2007
Commment vous remercier ? Je ne suis pas sûre d'être à la hauteur ! Vous m'avez beaucoup donné en me parlant de vous, et je suis très sensible et touchée par vos témoignages (que j'ai lus tous plusieurs fois).
Vous savez ce que je vais faire ce week-end ? Je vais téléphoner à mon frère ! Il habite à plus de 500 km, pas question d'aller lui faire un petit coucou surprise à l'heure du café ! Une chose dont je suis sûre, il ne pense pas à moi dans l'ascenseur : il habite une maison !
Bonne journée à tous et à toutes !
Ecrit par : Fauvette | 24.11.2007
Bon coup de fil Fauvette !
Ecrit par : Valérie de Haute Savoie | 24.11.2007
Je croise les doigts !
Ecrit par : paysanheureux | 24.11.2007
Alors, tu as pu le faire ?
Nostalgie en pensant à ton histoire... Moi j'ai un frère qui a coupé tous les ponts depuis la disparition de notre mère il y a 7 ans. Malheureusement, un coup de fil est impossible. Un courrier, un mail : il n'y faut pas songer.
Je peux vivre "sans", mais c'est une blessure... Surtout que personne ne sait pourquoi il a fait ça !
Rien de pire que les non-dits dans la vie...
Bisous, bon dimanche à toi.
Ecrit par : gazelle | 25.11.2007
Mais oui je l'ai fait, c'était sympa et nous étions très contents tous les deux !
Ecrit par : Fauvette | 01.12.2007
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