16.10.2007
Avant-Goût
Mauvaise surprise, le quai du métro est noir de monde ! Pas de panique, ce matin je suis partie un peu en avance. Je patiente gentiment, et laisse passer une rame, puis deux, trois... Je vois le visage des voyageurs collé aux vitres, l'air à peine réveillé mais déjà un peu énervé... Bon, bon, bon... Quelques nouveaux arrivés grondent, Ben quoi ils se préparent déjà pour la grève de la semaine prochaine, pfff... Mais non, ils ont annoncé un "incident voyageur" les informe une jeune femme très comme il faut.Tiens une copine me salue, je la croyais partie en province rejoindre un chéri, non me dit-elle c'est de l'histoire ancienne, je n'insiste pas...
Bon, j'y vais. Je me faufile devant, me prépare mentalement à m'infiltrer dans le prochain métro, trois bonnes respirations, et je suis prête ; à l'attaque, laissez passer une travailleuse ! La rame bien bondée arrive, s'arrête. Trois, quatre, cinq personnes arrivent à s'extirper et à sortir. J'avance un pied, personne ne bouge, alors là les copains il va falloir me faire une place. Et hop je pose le deuxième pied, je pivote, et à l'aide de mon dos exerce un petite, mais ferme poussée. Je lève les bras et sur la pointe des pieds m'accroche au dessus de la porte, gnaff, gnaff, j'y arriverai, je vais rester dans ce métro. On annonce la fermeture des portes, ma position n'est pas bien assurée. Mon corps dépasse à l'extérieur, allez je pousse, les portes se ferment doucement, un aimable mais solide jeune homme m'attrape par l'épaule, m'attire à lui, et hop me voilà à l'intérieur, ouf... Merci mon sauveur, et en voiture Fauvette. Je suis scotchée à la porte, bras en l'air... Le sac à dos d'un lycéen me gêne dans le dos, mais je suis en route vers le bureau, si, si, j'ai réussi ! Misère, nous sommes déjà arrivés Place d'Italie, et là je crains le pire, bousculades dans les deux sens... Je suis obligée de descendre, mais adopte la stratégie de la Parisienne décidée qui va remonter tout de suite dans sa rame, je le sais cela se voit dans mes yeux, dans mon corps, Je remonte, et essaie de me glisser vers les strapontins pour éviter d'être prise en sandwich. Là, voilà dans ce petit coin je suis bien, je n'en bougerai plus jusqu'à Jussieu. La rame avance, les voyageurs grognent, se lancent le regard qui tue, soupirent, baillent, écoutent la musique à fond, voudraient téléphoner, prévenir de leur retard mais impossible de sortir le téléphone du sac ou de la poche, nous sommes serrés, serrés... Intimité matinale involontaire entre inconnus... Je respire du côté de ma voisine, mon voisin ayant zappé le déo ou la douche...
Censier-Daubenton, la horde des étudiants descend, et paf un coup de sac à dos au passage sur mon épaule, merci jeune homme... Des passagers les remplacent, et nous repartons, plus que deux stations, plus que deux stations... J'ai chaud, je mijote et transpire dans mon col roulé...
Jussieu enfin, je me propulse hors de la rame, et respire sur le quai, et hop j'attaque les escaliers, le couloir, encore des escaliers, et me voilà sur le quai de cette délicieuse ligne 10 où j'ai le grand bonheur de voir arriver une adorable rame en direct d'Austerlitz, oh la mignonne. Presque vide, un luxe ! Je repère ma future place, et avec un immense plaisir je vais m'asseoir, seule, toute seule sur la banquette, et personne en face de moi ! Ah que je savoure ce moment-là !
Me voici préparée pour la future grève de jeudi prochain, qui s'annonce sévère, alors jeudi :
je pars très tôt,
Je mets des chaussures confortables, je porte des vêtements légers, et s'il n'y a pas de métro ou de bus,
Je marche !
Et surtout, je reste zen, zen, zen !
00:10 Publié dans Au Jour le Jour | Lien permanent | Commentaires (42) | Envoyer cette note



Commentaires
Bon, il faut tout de même les soutenir, jeudi ! Je me souviens qu'en 2003, les medias avaient déjà largement entamé leur allégeance au pouvoir et manqué d'objectivité lors des grèves contre l'allongement de la durée de cotisation et la baisse des retraites dans la fonction publique.
Fillon avait annoncé à l'époque qu'il y aurait d'autres modifications en 2008. Nous y serons bientôt...
Sinon, moi je vais bosser à vélo, parfois contre l'alizé et c'est ce qui est le plus difficile.
Ecrit par : Oxygène | 16.10.2007
Ah Fauvette j'y étais ! Même la délicate allusion olfactive ! C'est du vécu ;)
Ecrit par : Valérie de Haute Savoie | 16.10.2007
Que je suis bien dans ma verte campagne, sauf qu'en ce moment les effluves de pulpe de betterave...
Ecrit par : mab | 16.10.2007
Jeudi...grève....et des taxis sans fin pour moi toute la journée....
Mais j'ai bien aimé ton récit, j'avais presque l'impression d'être dans ton sillage, coincée dans la rame, et tiens...le sac au dos m'a fait mal à moi aussi !!!!
Ecrit par : liaht | 16.10.2007
Etonnant, j'ai retrouvé Paris l'instant d'un voyage en métro. C'est aussi ce qui me plaît dans cette ville, avec en plus l'angoisse du "pecno", les yeux rivés sur l'itinéraire, appliqué à bien lire le nom des stations qui défilent pour ne pas rater la sortie ou la correspondance.
Ecrit par : Christian | 16.10.2007
Moi aussi, je m'y suis crue... ça m'a rappelé plein de souvenirs, d'autant qu'il y a a peu près vingt ans, je prenais la même ligne de métro. Merci pour ce retour en arrière qui me laisse de bons souvenirs.
nath
Ecrit par : natpointg | 16.10.2007
Tu comptes partir plus tôt de combien ? (c'est ce que j'ai prévu aussi, mais dix minutes, c'est mon maximum...)
Je crois que du coup je vais faire un bout du trajet en vélib (si j'en trouve ! Ils vont être pris d'assaut du coup !)
Ah et les odeurs corporelles... Je mesure 1m55, et manifestement c'est la hauteur standard des aisselles mal lavées... -mais c'est plus difficile en été.
Ecrit par : Milky | 16.10.2007
Tu as réussi à me passer l'envie de monter à Paris :))
Pour jeudi, un gentil scooteriste ne pourrait pas te déposer ?
Ecrit par : Madeleine | 16.10.2007
ah! la douceur de la vie parisienne...
Ecrit par : dany | 16.10.2007
te lire me procure la quasi certitude, olfactive et tactile, que je ne serais jamais parisienne...
Plein de compassion en sens ouest-est...
Ecrit par : anita | 16.10.2007
Dis-moi Fauvette : je te le redemande, pourquoi je m'inscris à ta newsletter, et pourquoi je reçois rien ?
Aïe, jeudi j'ai 2 rendez-vous hospitaliers parisiens, quelle barbe cette grève ! Quelle fatigues à l'horizon...
Ta note me remèmore plein de souvenirs, y compris olfactifs ! Ah, Paris... son métro, sa pollution, ses embouteillages... Mais on y revient quand même !
Ecrit par : gazelle | 16.10.2007
Ah le joli spectacle des poils de nez du voisin ou des oreilles pas très nettes de la voisine. Le métro parisien aux heures de pointe, c'est une loupe qui ne pardonne pas.
J'ai bien ri, Fauvette, en t'imaginant en train de pousser, "l'air de rien".
Chipie !
Ce matin, sur mon vélo, j'ai eu la surprise de trouver beaucoup plus d'autos aussi. Si j'avais un tandem, je t'aurais bien déposé jeudi, mais ...
Allez, en pédalant, je me remémorerai ce billet, histoire de rire un peu ;)
Ecrit par : Fiso | 16.10.2007
je penserai bien à toi jeudi et j'espère qu'en plus il ne va pas pleuvoir ! Bon courage
Ecrit par : Saperli | 16.10.2007
Merci pour cet instantané de vie parisienne!
Ecrit par : antagonisme | 16.10.2007
Merci pour ce billet, on a l'impression d'y être.
Bon courage pour jeudi.
Ecrit par : la JD | 16.10.2007
ça m'a rappelé des souvenirs, quand je faisais banlieue sud - la Défense. Je me demande encore comment j'avais réussi à me faire embaucher. Bon courage pour jeudi.
Ecrit par : Naya | 16.10.2007
Jeudi, ce sera vélo pour moi. Ça va être chaud les marrons, avec toutes ses bagnoles. Franchement, j'ai du mal à adhérer à ce mouvement... Mais je ne vais pas lancer la polémique ici.
Ecrit par : karmara | 16.10.2007
Excellent billet qui me rappelle des souvenirs. Bon courage, Fauvette !
Ecrit par : Claude | 16.10.2007
Oxygène : on verra bien !
J'ai l'impression que vous êtes tous et toutes un peu sensibles de l'odorat hein ?
Liaht : ah, tu vas convoyer tes enfants je suppose !
Christian : ravie de te faire retrouver la capitale avec ce billet ! Mais tu sais même les Parisiens de souche se trompent dans le métro, ce n'est pas grave !
Nat : ah bon la ligne 7 ou la 10 ? Tant mieux pour les bons souvenirs.
Milky : je suis petite aussi (1,60 m) alors dans ces cas-là, j'ai vue sur les dos et les épaules ! Je compte partir 30 mn plus tôt, soit vers 7 heures. Enfin, ça c'est un projet hein !
Mais non Madeleine, ce n'est pas toujours comme cela ! Il y a aussi des moments très chouettes ! Nous n'allons pas au même endroit Corbillo et moi, l'un au nord, l'autre au sud, alors...
Dany : mais oui, mais oui, il y a aussi des moments très doux. Heureusement.
Anita : lorsque je te lis je pense qu'effectivement tu aurais du mal à t'adapter ! Mais pour des petits séjours tu n'as pas d'objection ?
Gazelle : ah zut j'ai oublié de contacter Hautetfort pour la newsletter, je vais le faire.
Tu ne peux pas décaler tes rendez-vous ? Courage.
Fiso : toi tu as tout compris, oui je suis une chipie-mine de rien ! Tu m'as démasquée ! Fine mouche va !
Saperli : ah je n'avais pas prévu la pluie moi !
Antagonisme : merci à toi de venir ici Chica !
La JD : Merci, cela ira bien jeudi, oui, oui.
Naya : oula, quel trajet ! Oui je me demande aussi !
Karmara : chauds les marrons c'est vrai. Pas tes rollers ? Pour le vélo j'ai la flemme, et surtout les jours de grève cela ne me tente pas.
Claude : merci ! Reste bien au chaud chez toi ce jour-là !
Ecrit par : Fauvette | 16.10.2007
et pourquoi pas le "velib"...
Ecrit par : SanAntonio | 16.10.2007
Moi aussi, j'ai la narine qui ... beurk ! (Mais je ne suis pas grande non plus, donc victime exposée aux aisselles approximativement lavées quand je prends les transports en commun).
Demain je me résouds à polluer, et si ça n'avance pas, ben hop, demi tour, et travail depuis la maison. Et avec aucune acrimonie sur les grévistes, je suis heureuse qu'en ces temps où tout passe en douce, enfin certains résistent !
Ecrit par : Anne | 17.10.2007
J'ai comme une impression que tous les métros du monde sont reliés, comme si "le" métro n'était qu'un seul pays... Demain, il paraît que Paris sera plutôt ensoleillé (pas encore à 7h, mais enfin), bon courage !
Ecrit par : Pablo | 17.10.2007
Holala, cette ligne 7 quand elle s'y met ! Ca me rappelle des souvenirs d'essayer d'arriver jusqu'à la fac (Juissieu, tout le monde descend !) Le coup des sacs à dos c'est un truc qui me tue. C'est vrai si on y pense, la majeure partie de la population est plus épaisse vers le haut (qui se trouve des fois bien bas, selon les profils). Alors pourquoi ne pas mettre les sacs là où il y a des la place: aux pieds (ou sur la tête mais c'est risqué) ?
Demain moi c'est vélo (oui le mien, je ne veux pas me battre pour un vélib') j'ai pris mes précautions, je dors chez ma tante à Paris (une certaine Jacqueline N... qui d'ailleurs te salue.
A bientôt !
Ecrit par : Elo | 17.10.2007
J'ai beau essayer, je n'arrive pas à comprendre les forcenés qui squattent l'entrée des portes des trains, et essayent de' monter avant même que ceux qui veulent sortir n'aient pu le faire.
Grrrrr !
Ecrit par : LaVitaNuda | 17.10.2007
J'en ai connu des jours de grèves où l'on ressort de ce sacré métro (quand il y en a) tout dépenaillée. Maintenant, je goûte enfin le bonheur d'entendre : le mot "grève" du métro ou du RER en souriant. Vive la retraite au bord de la mer.
Ecrit par : tajmahal17 | 17.10.2007
tranche de vie parisienne, si bien racontée ça fait sourire..
le problème c'est le quotidien j'imagine
bon courage pour demain! :-)
Ecrit par : céleste | 17.10.2007
je penserai à toi demain!
Ecrit par : dite | 17.10.2007
Je te conseille de rester chez toi si tu le peux, la journée s'annonce rude...
Ecrit par : heure-bleue | 17.10.2007
C'était la ligne 7 !
bon courage pour demain...
nath
Ecrit par : natpointg | 17.10.2007
Je l'ai échappé belle
heureusement que mon colloque était programme jeudi dernier...
Bon courage ou plutot bonne chance à vous tous habitants de la capital...
Ecrit par : laparhasard | 17.10.2007
Ouf! ça fait du bien quand ça s'arrête!
bon courage pour demain!
Ecrit par : Cat | 17.10.2007
Tu nous raconteras ?
Ecrit par : telle | 18.10.2007
Je pense à toi et à tous les franciliens. En province, tout est si calme ...
Ecrit par : amaily | 18.10.2007
Alors, pas trop ratatinée, piétinée, foulée, épuisée, exténuée, énervée ? C'est vrai qu'en campagne tout est calme, je viens de descendre mon petit raidillon entouré d'arbres, pour aller du bureau à chez moi, même pas 5 mn à pied.
Si on fait du mal à ma Fauvette, je monte à Paris et ça va barder, non mais !
Ecrit par : Pralinette | 18.10.2007
Ah Fauvette! Quelle belle écriture, quelle fluidité dans le récit et la ponctuation discrète et pertinente... Je suis fan!
Toute en simplicité, à ton image. :)
Ecrit par : Rose | 18.10.2007
La prochaine fois, je passe te prendre en vélo. Il y a de la place sur mon porte bagage (et tu habites sur mon chemin...)
Ecrit par : Chondre | 18.10.2007
Fauvette...faut vraiment que tu fasses quelque chose...
Je ne suis pas un spam tu sais... :))
Ecrit par : Chondre | 18.10.2007
Corbillo m'a "avancée" en scooter, puis j'ai marché. C'est beau la vie au grand air ! Retour à pinces.
J'ai aussi un vélo dont je pourrais me servir, mais cela ne me tente plus tellement le vélo en ce moment.
Bises à tous et toutes !
(Chondre je n'y suis pour rien c'est Hautetfort qui "temporise" les messages)
Ecrit par : Fauvette | 18.10.2007
Ton billet est excellent ! Il me rappelle des souvenirs d'étudiante, de l'époque où je prenais le métro.
Maintenant, les jours de grève sont un pain bénit pour les automobilistes parisiens. Périph déserté, rues fluides... bien sûr, ceci à condition que ça ne dure pas. 1995, j'ai galéré avec ma voiture... Mais pas moyen de faire autrement.
Ecrit par : Baïlili | 19.10.2007
Je n'ai pas l'honneur de connaître les "délices" de la vie parisienne,(fort bien racontés dans ton billet) mais je ne le regrette pas. A te lire j'en apprécie encore plus ma campagne.
Ecrit par : tanette | 19.10.2007
Salut Fauvette ! Je lis ce billet qui me fait frémir d'horreur, moi la provinciale...
D'autant plus que je suis coincée au Havre à attendre un TGV qui me fera passer par Paris où je devrai changer de gare (horreur) et attendre 2 heures (autre horreur) alors que j'aurais dû prendre un TGV direct.
Ecrit par : Rosa | 19.10.2007
On roulait très facilement dans Paris, j'ai trouvé !
Mais vendredi, ce fut une autre paire de manches...
Ecrit par : gazelle | 21.10.2007
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