02.07.2007

Marina Hands dans le Partage de Midi de Claudel

c5a13ce55c3b4a6e07bd629ce74abda8.jpgC'est vrai c'est Marina Hands qui m'a attirée à la Comédie Française cette semaine, plus que Claudel qui m'effraie (me barbe ?) un peu. J'ai apprécié Marina Hands au cinéma dans Les Invasions barbares, mais aussi dans Ne le dis à personne, et très récemment je l'ai trouvée formidablement émouvante dans l'Amant de Lady Chatterley sur Arte.(Lire le beau billet de Valclair sur ce film, ici). Marina Hands est une comédienne lumineuse, sensible, naturelle, pleine d'énergie, et ce qui ne gâte rien c'est une beauté ! Je me souviens aussi d'avoir été émue par sa présence lorsque nous étions allés voir Phèdre mise en scène de Chéreau à l'Odéon.

J'ai donc retrouvé mes amies Rosa et Tourniquette avant le spectacle dans une brasserie Place Colette. Presque tous les clients (sauf quelques touristes venus pour les Colonnes de Buren) grignotaient salades ou autres bricoles avant le spectacle. On sentait une excitation très contenue, j'aime bien l'ambiance pré-spectacle, il s'est mis à pleuvoir brutalement, nous étions bien là, à l'abri dans le brouhaha.

J'avais tenté de lire Le Partage de Midi quelques jours avant, mais le mots ne passaient pas, je ne visualisais pas, je n'entendais pas la pièce. Pourtant j'avais confiance, Rosa avait déjà vu Le Partage en 1991 jouée par Didier Sandre, Nicole Garcia et François Berléand, et en avait un souvenir fort.

Je ne me lasserai jamais du grand plaisir de rentrer dans le hall d'un théâtre, de tendre mon billet et de suivre l'ouvreuse qui nous installe... D'observer les gens qui arrivent, de me laisser doucement envahir par le son des voix... Et à la Comédie Française, je suis toujours émue, tellement contente d'être là !

Dès le début du Partage, je me suis sentie transportée, emportée par l'énergie des comédiens. Trois hommes, une femme et n'oublions pas Dieu (comme l'écrivait Jean-Louis Barrault je crois). La pièce a été écrite en 1906, Ysé et son mari De Ciz rencontrent Amalric et Mesa sur un bateau lors de leur voyage vers la Chine. L'amour, bien sûr mais aussi la foi, la quête de l'absolu, la lutte contre "l'appel de la chair", l'adultère, la culpabilité, la solitude sont des thèmes sur lesquels est bâtie la pièce. L'écriture de Claudel que je trouvais difficile à la lecture, devint fluide et puissante grâce aux acteurs et à leur talent. Heureusement d'ailleurs car 2 h 15 sans entracte cela aurait été douloureux !

 

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Commentaires

Le velours des fauteuils, la lumière un peu crue, et les voix... brouhaha d'où certains mots émergent... l'attente et le plaisir... j'aime comme toi, tout, dans le théâtre.

Ecrit par : Valérie de Haute Savoie | 02.07.2007

Moi aussi, j'adore aller au théâtre, encore que cette année, je n'y aie pas mis les pieds. Ca a été plutôt une année opéra et cinéma.
J'avoue que là, tu ne me tentes pas du tout parce que Claudel, j'ai toujours trouvé ça soporifique. ;)

Ecrit par : Claude | 02.07.2007

Je n'aime pas beaucoup le personnage qu'il a été, mais tu parles tellement bien de la pièce...

Ecrit par : mab | 02.07.2007

Claudel m'évoque deux souvenirs:
1) "Le soulier de satin" retransmis à la télévision au début des années 80. C'était long et assez ennuyeux, de quoi remettre en mémoire une critique cinglante de l'époque, "Heureusement qu'il n'y avait pas la paire".
2) "L'annonce faite à Marie" jouée par une troupe inconnue et qui ne mérite pas de l'être (sauf pour la fuir). Ils avaient systématiquement supprimé les liaisons du texte en les remplaçant par de courtes poses. Nonobstant la durée de la pièce prolongée par cet artifice, le texte en devenait absolument incompréhensible. Je me suis offert le bouquin quelques jours plus tard.

Ce qui n'empêche ton compte rendu de donner envie d'y aller voir.

Ecrit par : berlioz | 02.07.2007

Comme ça donne envie ! merci de ton plaisir si bien partagé ! quelle chroniqueuse tu fais !
bisou

Ecrit par : martinecarol | 02.07.2007

Oui, c'est un beau reportage que tu nous fais ! Merci

Ecrit par : Saperli | 03.07.2007

je ne vais pas assez au theatre pourtant cette année je n'y suis jamais allé autant et plus cela va plus j'apprécie… allez au theatre la difference entre le ciné et le thartre c'est qu'au théatre ça respire

Ecrit par : yoyostereo™ | 03.07.2007

La Comedie Française, le souvenir de Molière , l'atmosphère particulière, je ne sais pas résister à cet endroit...

Ecrit par : heure-bleue | 03.07.2007

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