24.07.2006

On fait comme avant...

Un de mes petits cousins, Eric, père de 3 enfants, habite à Paris, et sachant bien que son budget ne lui permettra jamais d'y acquérir un modeste appartement, a acheté une maison avec un grand champ dans le Limousin.

Il a raison, il a au moins un point de chute, et ses enfants peuvent courir dans l'herbe et changer d'air dès que les vacances, petites et grandes, se pointent à l'horizon.

Leur maison pas tout à fait en ruine, est un peu l'écart du village, en pleine cambrousse donc, mais ils sont heureux, c'est la liberté, et comme ils n'ont pas d'exigence particulière en ce qui concerne la modernité, tout va bien : ils ont enfin de l'espace, alors qu'ici ils s'entassent dans un petit 3 pièces, comme tant de familles d'ailleurs...

Eric est un gros nounours, simple et chaleureux aimant bien la vie, et les humains en général. Lorsqu'il a acquis la maison, il a sollicité l'avis et les conseils de mon cousin Jean qui est son oncle. Jean ancien joueur de rugby, campagnard casanier est un vieux (enfin la soixantaine) matou roublard et rigolard. Il sait tout faire, n'a peur de rien (sauf de Paris, il y étouffe !) et il a toujours une idée pour trouver la solution à un problème, ou pour que tout aille bien de façon générale.

Il est allé voir la maison convoitée, a émis de fortes réserves quant au coût des travaux qui seraient nécessaires pour y habiter dans le confort, mais il a été séduit par la campagne paisible et tout.

L'achat s'est donc réalisé, l'installation pour les vacances organisée, le bonheur pour la petite famille assuré.

Dernier conseil de Jean à son neveu : dès que tu verras ton voisin, le paysan d'à côté, celui qui fait la tronche parce qu'un Parigot vient d'acheter, tu la joues finement. Vouis, faut dire qu'Eric malgré son aspect débonnaire est parfois soupe-au-lait, et qu'avec lui le ton peut monter rapidement, mais c'est un gentil pourtant ! C'est comme moi, un campagnard exilé, mais ayant vécu quelques années une vie aisée d'expatrié français avec ses parents, il est quand même assez éloigné maintenant des us et coutumes ruraux.

Donc, une fois installés, Eric et son épouse brésilienne, et les trois enfants se baladent sur le petit chemin de terre, un tracteur s'arrête, c'est le voisin présumé grognon, qui casquette vissée sur la tête et clope au bec entame la conversation, et vient jauger ceux qu'il pense être parigots pur sucre...

Alors là, Eric il a fait comme Jean lui avait dit, il a rassuré le voisin en lui disant "On fait comme avant..." Large sourire du voisin, qui s'est empressé d'aller voir les autres, et de colporter la bonne nouvelle : "On fait comme avant..."

Mais qu'est-ce que vous faites comme avant ai-je demandé à Eric lorsqu'il m'a raconté cette histoire en riant : - Je n'en sais rien du tout, j'ai suivi les conseils de Jean, et j'ai prononcé d'un air entendu la phrase magique, qui nous a ouvert les visages et les portes !

C'est vrai, un des voisins s'est proposé de veiller sur leur maison quand ils seraient absents, ils ont été invités à boire un verre chez l'autre, et ont même découvert un panier d'haricots verts devant leur porte ! Ils ont passé de merveilleuses vacances d'été, ma cousine a dévoilé ses recettes de cuisine brésilienne aux voisines enchantées ; les enfants ont trouvé des copains... Les voilà intégrés les Parigots !

On ne sait rien des arrangements des anciens propriétaires avec leur entourage, mais mon cousin Jean en allant boire un verre au bistrot du village avait sans doute reniflé une possible embrouille. Ah il est fort Jean, je vous assure il a l'air d'un balourd comme cela, mais moi je vous le dit, il est précieux cet homme-là !

 

 

Commentaires

Sympathique histoire, joliment racontée. Merci et "on fait comme avant" ;-D

Ecrit par : Anne-Ma | 23.07.2006

M'enfin, j'ai posté un comm il ya deux heures environ et je ne le vois pas... Bon, je recommence... Je disais que je vais essayer la phrase "On fait comme avant " avec mes voisins normands et que peut-être, ils vont me regarder différemment...

Ecrit par : Bailili | 23.07.2006

Oui, "on fait comme avant" a dû rassurer les paysans du coin, ouf, "ils" ne sont pas venus tout chambouler. C'est qu'ils y tiennent les paysans à leurs coutumes, mais ils ont le "coeur sur la main". Bon dimanche !

Ecrit par : tanette | 23.07.2006

Trop fort le tonton !

Ecrit par : la JD | 23.07.2006

BaÏlili : Pralinette m'a dit la même chose, j'ai envoyé un mai à Hautetfort pour signaler l'affaire.

Oui le Tonton Jean il s'y connaît.

Ecrit par : Fauvette | 23.07.2006

T'auras de la chance si H&F te répond, je te le dis ma Fauvette !

Bravo pour l'intégration limousine de tes cousins et la jolie façon de la conter !

Ecrit par : gazelle | 23.07.2006

Je pense à mon arrivée dans le village...
et maintenant nous faisons tous comme avant ce qui donne un joyeux voisinage
j'aime toujours autant ta façon de raconter des histoires...

Ecrit par : laparhasard | 23.07.2006

Précieux conseil!
SUPER le cousin!!!

bonne fin de journée Fauvette!

Ecrit par : dite | 23.07.2006

Aaaah, le panier de haricots verts frais du jardin devant la porte ! Rien de tel pour se mettre un Parisien dans la poche, hein ? Allez, donnez-moi vos adresses, et je vous en envoie quelques kilos par la poste !

Très belle histoire, et jolie morale, Fauvette. Embrasse ton cousin pour moi, la prochaine fois !

Ecrit par : Anitta | 24.07.2006

Une seule petite phrase pour se couler dans le paysage..."On fait comme avant..." et hop, on fait partie du tableau...Bien vu et bravo Jean. Merci Fauvette pour ce récit, j'avais l'impression de revoir des images du film "Le bonheur est dans le pré".

Ecrit par : Christine | 24.07.2006

On fait comme avant, quelle sagesse.
En ce qui me concerne, j'ai peut être trop chamboulé. Il faut dire que je ne venais pas de Paris et que j'y habite toute l'année.

Ecrit par : Christian | 24.07.2006

Bon, je me la mets derrière l'oreille cette petite phrase là. Qui sait ? ça pourra peut-être me servir un jour. Bravo Tonton Jean, et merci Fauvette de faire circuler l'info !

Ecrit par : madame proprette | 24.07.2006

Et pour faire apparaître les messages envoyés, coincés quelque part dans les tuyaux de Het F, il a une recette Tonton Jean ?

Ecrit par : madame proprette | 24.07.2006

Que deviennent les commentaires que l'on t'envoie. Tonton Jean a-t-il une astuce pour les faire réapparaitre ?

Ecrit par : madame proprette | 24.07.2006

A la campagne, il vaut mieux ne pas vouloir "ramener sa science" de "gens de la ville". D'ailleurs, à la campagne, on sait mieux vivre qu'en ville. C'est nous qui avons à apprendre, pas eux. Il ne faut pas croire que les agriculteurs sont des ignares, loin de la!!!

Ecrit par : kipik | 24.07.2006

ils doivent préférer les parigots aux" inglish" au moins eux parlent le français.....mais bon faudrait pas que sa maison tombe complètement en ruine ça ferait pas chouette dans le décor....

Ecrit par : bonaventure | 24.07.2006

Ca m'intrigue ! Si ça se trouve leur cave sert de distillerie clandestine ? Ou bien le fond du terrain de centre d'entraînement au tir avant la chasse ?

Et ils ne s'en sont pas encore rendus compte, mais "on fait comme avant" !!!

Ah lala ma curiosité est en éveil, maintenant !

Ecrit par : Anne | 24.07.2006

A Gazelle et ses copines : H & F m'a répondu ! Pour me dire que tout allait bien. ???

Ecrit par : Fauvette | 24.07.2006

Trop fort!!! Mais ça m'intrigue tout de même, ces mystères "paysans"... :)

Ecrit par : Rose | 24.07.2006

Joliment géré cette histoire ! Mais ça m'intrigue aussi... dans quoi se sont-ils donc (re)engagés ?? Mystère... à suivre ?

Ecrit par : euqinorev | 24.07.2006

Ma petite Fauvette et ses beaux textes, on s'y croirait dans cette campagne limousine.
On peut savoir ce que c'est que ce "on fait comme avant" ?
Bisous.

Ecrit par : Pralinette | 24.07.2006

Alors ne vous faites pas de soucis pour mes petits cousins ; à la campagne comme chacun sait il y a toujours des arrangements, passage d'animaux ou de véhicules... C'est ce que je pense, mais je poserai la question si cela vous inquiète !
Et en attendant : on fait comme avant !

Ecrit par : Fauvette | 24.07.2006

Le bonheur est dans le pré.

Ecrit par : Parisgotte | 24.07.2006

C'est amusant ce que vous écrivez. Je suis à deux - petits - doigts de quitter Paris pour rentrer chez moi en Corse, définitivement sans doute, moi le Corse qui n'est même pas né en Europe et qui n'a cessé d'avoir la bougeotte. Et j'ai reçu à peu près le même conseil d'une amie déjà rentrée chez nous, d'un compatriote qui fait régulièrement la navette entre l'île et Paris et d'un cousin qui connait bien notre petit village.

J'ai reçu d'autres conseils, plus spécifiques au particularisme local et au monde du travail, qu'il va me falloir suivre à la lettre. Car si mes compatriotes sont par nature méfiants envers les continentaux, ils le sont encore plus vis à vis des Corses de la diaspora, supposés revenir leur apprendre à vivre.

Ecrit par : Sambucucciu | 27.07.2006

Je retiens le précieux "On fait comme avant" conseil.
Peut à mon avis servir dans nombre d'autres circonstances :-) .

Ecrit par : gilda | 30.07.2006

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